Jeûne sec : le corps produirait ses propres réserves en eau

Herbert2512/Pixabay

Une étude de 2016 réalisée sur des oiseaux mandarins montre comment l’organisme se maintiendrait malgré l’absence d’apport d’eau lors d’un jeûne sec.

Je traduis l’extrait et la conclusion de l’étude que vous trouverez ici en intégralité.

De Joanna Rutkowska*, Edyta T. Sadowska, Mariusz Cichońand Ulf Bauchinger

Les schémas de flexibilité physiologique en réponse au jeûne sont bien établis, mais on en sait beaucoup moins sur la contribution de la privation d’eau aux effets observés.

Nous avons étudié la composition corporelle et les bilans énergétique et hydrique de trois groupes de mandarins : les oiseaux ayant accès à de la nourriture et à de l’eau, les oiseaux privés de nourriture, mais ayant néanmoins accès à de l’eau potable et des oiseaux privés de nourriture et d’eau. Les animaux n’étaient pas stimulés par une dépense énergétique élevée et se trouvaient dans des conditions thermo-neutres.

Ainsi, d’après des études antérieures, l’équilibre hydrique des oiseaux à jeun devait être maintenu par un catabolisme accru des protéines. Contrairement à cette attente, nous avons constaté que l’accès à l’eau n’empêchait pas la réduction du tissu protéinique, mais permettait de préserver les réserves de graisse des oiseaux à jeun.

Ainsi, le bilan hydrique des oiseaux à jeun sans accès à l’eau semblait être maintenu par un catabolisme adipeux élevé, qui générait 6 fois plus d’eau métabolique que celui des oiseaux ayant accès à l’eau.

Par conséquent, nous révisons les points de vue actuellement établis et proposons que les matières grasses soient la principale source de production d’eau métabolique. Auparavant, on supposait une augmentation de la dégradation des protéines pour le maintien du bilan hydrique si les réserves de graisse étaient épuisées ou si le catabolisme de la graisse atteignait sa limite supérieure en raison d’une forte demande en énergie.

Conclusion de l’étude :

Notre étude propose une nouvelle hypothèse de graisse pour l’eau en démontrant clairement que le manque d’eau ingérable augmente considérablement le catabolisme de la graisse. La graisse est la principale source d’énergie et sa décomposition produit également de l’eau métabolique. On supposait auparavant que les animaux au repos utilisaient un catabolisme des protéines (au lieu des graisses) pour maintenir l’équilibre hydrique. Nous montrons ici que la graisse est une source primaire de production d’eau métabolique dans le cadre des besoins énergétiques de base du jeûne, en l’absence de conditions physiologiques nécessitant une dépense énergétique élevée. Nous suggérons que le maintien du bilan hydrique par une augmentation de la décomposition des protéines pourrait éventuellement se produire si les réserves de graisse sont épuisées ou si le catabolisme de la graisse est déjà élevé au maximum en raison d’importants besoins en énergie ou si le taux de perte en eau dépasse le taux potentiel de la production d’eau à partir de graisses. Les études ultérieures devraient examiner si le mécanisme à la base de notre constatation est lié à une activité accrue des oiseaux privés de nourriture et d’eau.

Cette étude prouve comme d’autres déjà réalisées sur des camélidés que l’organisme en état de jeûne sec ne tombe pas en déshydratation critique comme la croyance populaire semble le penser. Au contraire, avec la cétose, la graisse est dégradée pour pourvoir l’organisme en énergie, mais également en eau. Une affirmation déjà avancée par le docteur russe Serguei Filonov.

Cette étude montre même que l’eau produite par les oiseaux soumis à un jeûne sec produisent six fois plus d’eau que les volatiles qui ont accès à l’eau. Notons que les oiseaux étaient tous dans une atmosphère tempérée où il n’ont pas eu à dépenser leur energie de manière excessive. Dans le cas contraire, les chercheurs supposent que si les réserves de graisses venaient à être totalement épuisées, une dégradation des protéines (muscles) serait inélectuctable.

Une réflexion sur “Jeûne sec : le corps produirait ses propres réserves en eau

  1. Le lun. 1 avr. 2019 à 20:59, Les miracles de l’imagination a écrit :

    > Y.Citor posted:  » Une étude de 2016 réalisée sur des oiseaux mandarins > montre comment l’organisme se maintiendrait malgré l’absence d’apport d’eau > lors d’un jeûne sec. Je traduis l’extrait et la conclusion de l’étude que > vous trouverez ici en intégralité. De Joanna Rut » >

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