Pourquoi le jeûne peut guérir

Quand on s’intéresse au jeûne thérapeutique, on observe couramment un fort scepticisme de la part de nombreux médecins et du  public. Pourtant, il existe une foison importante d’études scientifiques qui montrent que le jeûne a bel et bien un effet thérapeutique. Plusieurs mécanismes sont en effet à l’œuvre lors d’un jeûne prolongé :

  • L’apoptose

Il s’agit du suicide programmé des cellules. C’est un phénomène naturel qui s’exerce quotidiennement et qui concerne environ 5‰ des cellules sur 13 trillions des cellules du corps humain. Les cellules ciblées ne sont pas choisies par hasard. Elles sont principalement celles qui sont dégénérées ou comportent des risques de se transformer en cellules cancéreuses[1].
Lors d’un jeûne, le phénomène d’apoptose est accru.

  • L’autophagie

L’autophagie est la capacité de l’organisme de se nourrir de lui-même. C’est un moyen de défense que l’organisme déclenche quand il est en manque de ressources. Ainsi lors d’un jeûne, le corps ne recevant plus de nourriture de l’extérieur se nourrit de ses propres réserves qui sont les graisses (c’est pour cela que l’on maigrit lors d’un jeûne), mais aussi des tissus malades (c’est pour cela que l’on guérit).
Toute personne qui a jeûné une semaine remarque rapidement que l’état de sa peau s’améliore et rajeunit. Ceci est le résultat de l’autophagie qui élimine les cellules vieilles, malades, défectueuses, etc. Les travaux sur ce sujet ont été récompensés en 2016 par le prix Nobel au japonais Yoshinori Ohsumi[2].

  • La cétose

La dégradation des cellules de graisse produit une énergie qui remplace le glucose. Ce sont les corps cétoniques. Selon des spécialistes du jeûne comme le Dr George Cahill, il ne s’agit pas d’un carburant classique, mais d’un super carburant qui a des capacités thérapeutiques connues dans des maladies comme l’épilepsie, les maladies neurodégénératives, etc [3].

  • La génération des cellules souches

Les cellules souches sont les cellules qui sont à la base de la fabrication de tous les organes. Elles sont un enjeu majeur de la médecine du XXIe siècle, car leur maitrise pourrait permettre de régénérer un organe perdu comme un œil, une jambe, etc. Or, depuis peu, la science a prouvé qu’un jeûne de cinq à sept jours, le corps commence à régénérer ces précieuses cellules souches.

  • La baisse du niveau d’insuline et d’IGF-1. Des niveaux élevés de ces hormones sont souvent annonciatrices de diabète et de cancer.

Pour aller plus loin dans le jeûne, cliquer ici.

Le jeûne est une discipline puissante qui peut faire des « miracles » mais à utiliser intelligemment.

[1] Kerr, J. F. R., Wyllie, A. H., & Currie, A. R. (1972). Apoptosis: A Basic Biological Phenomenon with Wide-ranging Implications in Tissue Kinetics. British Journal of Cancer26(4), 239–257.

[2] https://www.pourlascience.fr/sd/medecine/le-prix-nobel-de-medecine-2016-recompense-les-travaux-sur-lautophagie-12424.php

[3] Cahill, G. F., & Veech, R. L. (2003). Ketoacids? Good medicine? Transactions of the American Clinical and Climatological Association114, 149–163.

Endométriose : une guérison par un jeûne ?

Photo : Wolfblur/Pixabay

Kidim est une jeune femme qui souffrait depuis des années d’une endométriose que la chirurgie n’a pas réussi à améliorer. Après maints traitements et thérapies, elle s’est résolue à faire un jeûne en octobre 2014. Voici le résumé de son témoignage :

« J’ai commencé mon jeûne ce mercredi 25 septembre le lendemain d’une cure du foie. Le matin même, j’ai fait plusieurs lavements rectaux pour aider à l’évacuation des calculs. En ce qui me concerne, je trouve que commencer un jeûne après avoir fait un ou plusieurs lavements dans les jours qui précèdent est une bonne chose. Cela nettoie, soulage mes intestins et surtout coupe un peu voire beaucoup la faim. Je me suis sentie en forme comme à chaque cure du foie environ vers 17 h. J’ai passé une nuit normale. À partir de là je crois que j’ai pratiqué un lavement quotidien ou presque jusqu’au quatrième jour. Cela me fatiguait beaucoup et me donnait froid. Rien n’est sorti à part un liquide très jaune et âcre ou acide je ne sais pas trop. Le sixième jour, je n’avais pas encore lu l’opinion de Shelton au sujet des lavements. Cela m’a soulagée car franchement je ne ressentais plus aucune envie d’en faire même si je croyais que c’était bien. »

Vendredi 26 septembre 2014, 2e jour de jeûne

« J’ai ressenti un peu la faim mais avec de la motivation, rien n’est insupportable. J’ai commencé à être fatiguée, j’ai passé la journée dans les magasins (ne connaissant pas l’intérêt du repos). Je crois que j’ai eu ou commencé à avoir des maux de tête ainsi que des douleurs dans les jambes, dans les articulations, des frissons. (En fait je ne sais plus bien si ça a commencé le 2ème ou 3ème jour) ».

Samedi 27 septembre 2014, 3e jour de jeûne    

« Idem que le deuxième jour mais avec plus de fatigue. Jusqu’au soir où ça a été abominable : douleurs dans le bas du dos près de la colonne vertébrale côté gauche. Impossible de dormir de toute la nuit. Je me suis contorsionnée dans tous les sens, ai pris trois bains chauds, ai tenté vainement de faire du yoga. Le calvaire. Je ne sais plus si les nausées ont commencé ce jour ou le lendemain. »

Dimanche 28 septembre 2014, 4e jour de jeûne 

« Idem, douleurs atroces toujours dans le bas du dos accompagnées de toutes les petites autres qui étaient de la gnognotte par rapport. Je gardais en tête pour tenir le coup ce reportage[1] visionné sur Youtube et où une infirmière russe dans un hôpital de jeûne expliquait que la crise d’acidose venait souvent au quatrième ou cinquième jour et durait 24 à 48 heures. Effectivement le soir la douleur abominable du dos a disparu doucement et j’ai pu enfin dormir. J’avais aussi malgré la douleur réussi à dormir pendant la journée. Je crois que c’est ce jour (ou la veille ?) qu’ont commencé mes douleurs à l’estomac et des éructations sans odeurs mais sans fin moi qui n’ai jamais eu ce problème d’aérophagie. »

Lundi 29 septembre 2014, 5e jour de jeûne 

« Il ne me reste comme désagrément que ces abominables douleurs à l’estomac : intenses, récurrentes mais brèves souvent précédées ou suivies d’éructations que je suis obligée de faciliter car l’air ne sort pas facilement. J’ai aussi cette abominable boule dans la gorge qui favorise aussi les nausées. Je décide de rejoindre mon ami pour un demi-parcours de golf, soit moins de deux heures de marche. En fait, je marche d’un banc à l’autre, je ne m’intéresse pas du tout à la partie, je marche comme une petite vieille à 2 km à l’heure et suis bien soulagée quand le parcours se termine. Toujours les douleurs d’estomac et la boule dans la gorge. Je n’ai plus mal à la tête. »

Mardi 30 septembre 2014, 6e jour de jeûne 

« Mes douleurs à l’estomac me lâchent dans la journée ou le soir. Je n’ai plus mal à  la tête non plus mais le bruit m’est insupportable. Moi qui adore le cinéma je n’ai même pas envie d’y aller, car je sais que cela va me fatiguer. »

Mercredi 1 octobre 2014, 7e jour de jeûne 

« Je pensais que celui-ci serait le dernier (j’avais prévu sept jours) mais après avoir bien lu ce forum et une partie du livre de Shelton je sais qu’il est préférable que je continue autant que possible pour mon problème d’endométriose. D’autant plus que je n’ai plus faim depuis le troisième pour et qu’à part la boule dans la gorge je n’ai pas de symptômes désagréables donc tout va bien pour continuer. J’ai même l’impression d’avoir plus d’énergie mais il pleut donc je reste sagement chez moi au repos. »

Jeudi 2 octobre 2014, 8e jour de jeûne 

« S’est passé comme le septième, rien de particulier. (…) Cela n’a pas été trop éprouvant. Parfois de légères envies de manger qui passent en quelques secondes à peine donc ça n’est vraiment pas difficile. »

Samedi 4 octobre 2014 – 9e et 10e jour de jeûne 

« Ma langue est toujours bien chargée, mes urines sont toujours claires, les nuits sont parfois courtes, parfois les prémices des douleurs à l’estomac se font sentir mais ça s’arrête là. Je suis en forme mais je ne vaux plus rien dès qu’il s’agit de faire marcher l’appareil locomoteur. La conduite en voiture ne m’a pas posée de problème. Parfois j’ai des envies de manger quand je vois d’autres le faire dans les films, mais cela passe très vite. J’ai déjà des résultats très positifs. J’avais comme des choses très dures et très facilement palpables au bas-ventre tout le long du sigmoïde /ligament inguinal gauche. Cette chose s’est étendue devant la vessie il y a déjà quelques mois. Le gynéco n’a pas su me dire ce que c’était quand je lui ai posé la question : « pour le savoir il faut ouvrir ! » Quoiqu’il en soit cette chose a régressé sensiblement ! Je sens qu’il y a plus de place dans mon ventre, qu’il est plus aéré, alors que j’avais l’impression d’être tout le temps sous pression. J’urine plus facilement. Je sens l’envie d’uriner alors que je n’avais plus cette sensation. Et mon jet d’urine est plus normal. Il est plus franc, plus intense, ce ne sont plus les petites urines « timides » que j’avais souvent. »

Mercredi 8 octobre 2014, du 11e au 14e jour de jeûne 

« Toujours cette boule dans la gorge qui est là fréquemment et qui est très inconfortable. Réveil progressivement de plus en plus tôt dans la nuit. Toujours aussi cette fabrication d’air intempestive qui sort soit par le haut soit par le bas (sans odeur). Toujours beaucoup d’énergie tant que je reste tranquille à la maison sans faire d’efforts musculaires sinon en cas d’effort musculaire je suis pitoyable ! À noter que le 14e jour, j’ai eu les signes avant coureurs de mes prochaines règles. Je me suis malheureusement sentie comme d’habitude dans ces moments. Cela tiraille, mon ventre est gonflé comme rempli de choses « spongieuses » qui se gorgent de « liquides », bref j’avais espéré que peut-être le jeûne aurait stoppé mes règles pour ce cycle mais apparemment il n’en est rien. Enfin nous verrons cela dans quelques jours. J’ai l’impression que mon corps est du coup afféré à gérer cela plutôt que les kystes et autres joyeusetés « endométriosiques » existantes dans mon corps. Je n’ai pas senti de diminution des lésions comme ces derniers temps. Mon poids ce 15e jour est de 37,1 kg au réveil. Je continue ! J’aimerais bien faire au moins 21 jours, mais pas de pression, pas de pression ! »

Mardi 14 octobre 2014, 20e jour de jeûne 

« Mes règles sont arrivées au 16e ou 17e jour de jeûne, sans doute plus tôt que normal. J’ai eu pas mal de douleurs le premier jour des règles. Cela tiraillait d’une façon différente de d’habitude. Les règles étaient globalement ni plus ni moins hémorragiques que d’habitude, je dirais. Je suis pratiquement convaincue que mon corps s’est occupé de cela en priorité pendant les quelques jours des règles. En effet je n’ai pas senti pendant ces jours de diminution des masses dures que je sentais dans mon ventre. (…) Je n’ai plus aucun vertige, ni aucune difficulté quand je sors du lit.

Je voulais commencer dès demain une reprise alimentaire avec jus de légumes coupés à l’eau mais dans la mesure où je sens encore des masses dures dans le ventre je vais essayer de persister encore un peu. Le problème, c’est qu’il faudrait que je sois très en forme pour le 15 novembre ce qui me semble de plus en plus compromis … En fait tout irait bien (voire très bien même) si je n’avais pas cette boule dans la gorge avec cette gorge toute sèche que même le fait de boire ne semble pas hydrater. La langue est toujours chargée et la bouche est toujours pâteuse. »

Kidim redonne des nouvelles sur le forum en date du 23 octobre. Elle a fait une tentative de reprise alimentaire :

« Elle s’est soldée par un échec mais pas du tout dans le sens que j’imaginais. Je comptais commencer par des jus de légumes mais en fait je n’en avais pas du tout envie. Au magasin bio, j’ai tenté l’instinct pour ma nourriture, j’ai donc choisi des petites poires bien mûres et du raisin. Dans l’après-midi du 24e jour de jeûne total à l’eau, je me suis donc fait le jus d’une poire (toute petite, a donné environ 1cm de jus dans le verre) coupée à l’eau. Cela m’a provoqué étourdissements, ballonnements, mal de tête, grosse fatigue, sensation de gonflement de l’endométriose, je suis allée me coucher. Environ une ou deux heures après,  j’ai tenté le jus de quinze grains de raisin coupé aussi à l’eau. J’ai eu à peu près la même réaction.

Le lendemain, j’ai tenté de mâchouiller quelques grains de raisin (en recrachant peau et pépins) : réactions à peu près identiques. J’ai réalisé que cet apport pourtant ridicule mais visiblement massif pour moi de sucre me faisait en fait l’effet de l’alcool. Donc j’ai abandonné les fruits et ai tenté un jus de concombre, beurk ! J’ai donc tenté deux ou trois jours les jus de bouillon de légumes (la moitié d’un tout petit bol par jour, donc en quantité ridicule là aussi), je n’ai pas trouvé ça bon non plus, ça m’a ballonnée aussi mais je n’ai pas eu les désagréments du sucre massif. Toutes ces tentatives auront duré cinq jours.

J’ai jeûné complètement hier. Et peut-être même que je vais continuer. Je subis la pression de mon entourage pour me réalimenter, celui-ci bien évidemment s’inquiète. Avec ces cinq jours de « quasi-jeûne », j’en suis à mon 30e jour de jeûne, si on ne les compte pas ni le jour de jeûne qui a suivi ces cinq jours alors ça fait vingt-quatre jours de jeûne. »

Photo : Myriams-Fotos/Pixabay

Examens médicaux 

« Le 24e jour de jeûne, j’ai passé une échographie réalisée par un interne aux urgences qui m’a dit ne « pas avoir ses repères » vu l’état bizarre de mon ventre après chirurgie, endométriose etc., tous les organes étant sens dessus dessous donc cela ne m’a servi à rien si ce n’est à avoir une prescription d’IRM qui est le meilleur examen pour l’endométriose. L’IRM est réalisée hier soir donc au 30e jour. La bonne nouvelle, c’est que le kyste à l’ovaire gauche de 9 cm est réduit à 5 cm, les mauvaises nouvelles, c’est que tout le reste n’a pas bougé (kyste ovaire droit 4 cm + atteintes rectum + atteintes sigmoïde etc.) et surtout nouvelle joyeuseté : je dois me faire poser une sonde dans l’uretère gauche au risque de perdre mon rein gauche (uretère gauche comprimé par le kyste ovaire gauche).

(…) Au départ je ne voulais pas dire au radiologue que j’étais en jeûne pour qu’il ne soit pas tenté d’interpréter les résultats d’une façon ou d’une autre et aussi et surtout il faut bien le dire, pour ne pas être sermonnée. Et puis comme l’IRM nécessite un produit de contraste (et vu comme j’ai réagi à une petite poire de rien du tout !!!) je me suis dit qu’il était plus prudent de l’avertir. Il m’a écoutée et a été très respectueux de ma démarche et a effectivement diminué la dose de produits vu mon poids. Je n’ai jamais eu de problème lors de mes précédentes IRM mais là j’étais quand même vraiment inquiète de l’effet du produit sur mon corps. J’avais tellement peur d’être frigorifiée pendant l’examen comme les fois précédentes mais en pire car je n’ai plus beaucoup de graisse (on reste quand même presque une demie heure allongée sans bouger avec un petit courant d’air frais détestable destiné à rafraichir la machine sans doute) que j’avais prévu caleçon, chaussettes de ski (!!) et haut fin souple mais très chaud genre Damart. Et bien c’est l’IRM la plus agréable que j’ai passée. Je n’ai presque pas eu froid, et il n’y a eu aucun problème avec le produit de contraste. Une anecdote : la jeune infirmière ou assistante qui s’est occupée de moi pour l’IRM m’a dit qu’elle avait vu l’émission sur ARTE et que ça lui avait donné envie de faire un jeûne mais qu’elle ne l’avait jamais fait ! »

Le 8 décembre 2014, Kidim revient à nouveau sur le forum et donne des nouvelles de ses derniers examens médicaux :

« Bonjour à tous. J’ai attendu d’avoir de bonnes nouvelles à partager et c’est le cas aujourd’hui ! (…)  Le problème au rein (hydronéphrose gauche) s’est envolé ! L’endométriose s’est grandement améliorée. L’IRM du 22 octobre avait révélé une hydronéphrose gauche (rein trop gros) due à une compression de l’uretère gauche par le kyste ovarien gauche d’endométriose. J’ai vu l’urologue le 27 novembre qui a dit qu’il fallait me mettre une sonde double J en urgence pour préserver mon rein, sans faire de nouveaux examens radiologiques, et alors même qu’il n’avait plus de trou dans son planning il s’est débrouillé pour me trouver une place pour demain, le 9 décembre.

Entre temps j’ai vu mon généraliste pour lui demander qu’il me prescrive une échographie (histoire de ne pas me faire mettre une sonde pour rien, au cas où …) que j’ai réalisée ce matin in extrémis … Les résultats sont merveilleux! Le rein va parfaitement bien (il n’y a plus d’hydronéphrose). De plus mon kyste ovarien droit qui mesurait 4 à 5 cm le 22 octobre à l’IRM a disparu. Plus le cul de sac de douglas qui était oblitéré à l’IRM est libre à l’échographie d’aujourd’hui, ce qui signifie qu’il n’y a plus d’endométriose dans cette zone non plus. Il reste mon kyste de 5 cm à l’ovaire gauche (qui mesurait 9 à 10 cm en janvier dernier). L’urologue est donc d’accord pour ne pas m’opérer, j’évite ainsi et la sonde et l’anesthésie générale. Il m’a confirmé que si le rein allait bien c’est que l’uretère n’était plus comprimé, ce qu’on ne voyait pas à l’échographie ».

Pour aller plus loin dans le pouvoir du jeûne, aller ici.

[1] Il s’agit probablement du documentaire Le Jeûne, une nouvelle thérapie ?.

Ce qui ne me tue pas me rend plus fort

Tout le monde ou presque connait cette phrase du philosophe Friedrich Nietzsche. Tout le monde ne sera pas forcément d’accord néanmoins. On a tous eu nos problèmes et on sait très bien que certaines épreuves peuvent nous casser à vie sans que l’on puisse remonter. C’est également vrai d’un point de vue biologique. Quelqu’un qui a eu une maladie très grave peut, même s’il après avoir guéri, rester fragilisé à vie.

Néanmoins, il y a un phénomène que reconnaît la science désormais, c’est l’hormèse. Elle dit qu’un stress quel qu’il soit appliqué de manière légère permet au corps de s’adapter, c’est-à-dire de s’améliorer de sorte que si un stress de même nature mais de manière plus intense s’applique, le corps résistera sans problème.

Hormèse et stress (dessin adpaté de adapté de Zimmermann, Krömer et al., 2014[1])

Les gens qui font du sport connaissent inconsciemment le principe de l’hormèse. Si vous voulez faire le grand écart, faire un marathon ou traverser quatre fois la piscine olympique, il ne vous est jamais venu à l’idée de le faire sans préparation. Sinon, vous allez briser votre corps. Vous devez faire vos exercices de manière progressive, donc en appliquant un stress à votre organisme qui va en s’accroissant afin que votre corps s’adapte et s’améliore.

C’est également un peu le principe de la vaccination. On utilise un virus affaibli qu’on injecte dans l’organisme afin de le faire réagir : fièvre, stimulation du système immunitaire. De sorte que si l’organisme rencontre plus tard dans l’environnement le même pathogène, il n’en sera pas affecté. Cette méthode est utilisée également pour se rendre insensible aux poisons les plus mortels qui soient du venin de serpents à la radioactivité (j’en parlerai dans un prochain article).

Le jeûne est un principe hormétique, mais d’autres facteurs de stress peuvent l’être : le froid, le chaud, les drogues, hypoxie, l’exercice physique.

Pour résumé, en appliquant un petit stress, on renforce son corps au lieu de l’affaiblir

Pour aller plus loin sur l’hormèse et le jeûne, cliquer ici.

[1] Zimmermann, A., Bauer, M. A., Kroemer, G., Madeo, F., & Carmona-Gutierrez, D. (2014). When less is more: hormesis against stress and disease. Microbial Cell1(5), 150–153. http://doi.org/10.15698/mic2014.05.148

On lui doit 10 000 €, on lui rembourse 15 000 !

Un membre actif du groupe m’a relaté il y a quelques jours une superbe manifestation. Il était en conflit avec une entreprise qui lui devait la somme de 10 000 €. Connaissant les techniques de Neville Goddard, il a décidé de les utiliser pour récupérer son dû.

« Pour être bref je me suis concentré 3 soir d’affilée sur le sentiment que c’était déjà réglé pas plus et aujourd’hui le 15 je reçois un chèque de 15 000 euros. je me suis concentré 3 nuits de suite en me concentrant sûr le sentiment d’avoir reçu mon dû et à côté en journée je faisait 30 min de gratitude ! Ensuite ça a mis seulement une semaine même connaissant le pouvoir du sentiment je suis toujours agréablement surpris. Je suis maintenant imprégné de la philosophie de Neville Goddard qui sous-tend sa maxime : savoir s’imprégner du sentiment du vœu exaucé ».

J’espère que mon témoignage servira à d’autres.

Les merveilleux bienfaits thérapeutiques d’un mois de Ramadan

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De plus en plus d’études montrent les bénéfices thérapeutiques du jeûne. En effet, un jeûne prolongé de quelques jours permet le déclenchement de l’autophagie qui dégrade les tissus malades et permet un renouvellement des cellules souches qui sont à la base de la régénération des organes. Une étude récente a montré que 24 heures de jeûne permettraient de renouveler les cellules souches de l’estomac.

Plusieurs études sur des volontaires pratiquant le Ramadan montrent que des effets thérapeutiques se manifestent lors de ce jeûne très strict, répété pendant un mois :

  • Une diminution du niveau des métaux lourds dans l’organisme.
    Des chercheurs égyptiens ont étudié 40 volontaires en 2008 sur lesquels ils ont comparé les niveaux de certains métaux lourds avant le Ramadan, le 14e et 28e jour de jeûne. Ils ont noté une baisse notable des taux de mercure, de chrome, d’aluminium, de manganèse et de cobalt. Vous trouverez le lien de l’étude en anglais ici.
  • Une baisse des inflammations. Des chercheurs iraniens ont étudié vingt-et-un hommes et vingt-neuf femmes ont accepté de participer à une étude. Celle-ci a débuté une semaine avant le ramadan et terminée un mois après. L’analyse des paramètres prouve qu’un jeûne sec quotidien atténuerait bel et bien le statut inflammatoire de l’organisme par la suppression de l’expression de cytokines pro-inflammatoires, par la diminution de la graisse corporelle et par l’augmentation des niveaux de circulation des leucocytes. Vous trouverez le lien de l’étude en anglais ici.
  • Il baisse le niveau de mauvais cholestérol. Voir les études ici.
  • Il baisse le sucre sanguin. Voir les études ici.
  • Il renforce les os. Lors du jeûne, le corps sécrète hormone parathyroïdienne (PTH) pendant un jeûne sec intermittent. La PTH aide à la réabsorption osseuse, à la formation osseuse et augmente les taux de calcium dans le sang. Vous trouverez le lien de l’étude en anglais ici.

Néanmoins, pour bénéficier des effets thérapeutiques du jeûne, il est recommandé de ne pas manger sans excès, et d’éviter les boissons sucrées. Ce qui, je le conçois, peut être très difficile dans un moment festif comme le Ramadan.

Pour savoir tout sur le jeûne thérapeutique, voir ici.

 

Une guérison par le jeûne ?

Il y a quelques semaines, j’ai eu la surprise de voir un peu de sang en me brossant les dents. Je n’y ai pas tenu attention jusqu’à ce que je prenne conscience que je saignais à chaque fois que je me lavais les dents. Une petite visite à Google me proposait des options de gingivite, de parodontite, de carence en vitamine C, etc.

Ayant quelques cinq à six kilos à perdre avant l’été et voulant nettoyer profondément ma peau, j’ai pris la décision de faire un jeûne sec de cinq jours. Je m’étais imposée quelques cycles de jeûnes secs de 48 heures. Mon excuse était toujours que ma charge de travail m’empêchait d’aller plus loin.

Néanmoins, début mai, je démarrais un projet de jeûne sec combiné à l’eau qui dura 12 jours ; 299 heures exactement. J’ai perdu 13 kg.

Pendant mon jeûne, à chaque fois que je brossais les dents, mes gencives continuaient à saigner. Les travaux du Pr Valter Longo montrent que les l’aspect thérapeutique du jeûne se manifeste principalement à partir de trois jours de jeûne prolongé avec l’autophagie qui commence la destruction des tissus malades. Elle se poursuit avec la réalimentation où les cellules souches se régénèrent à la réalimentation et remet à neuf les organes.

Ainsi, trois jours après m’être réalimentée, j’ai pu constater que mes gencives ne saignaient plus. Ce qui confirme les travaux du Dr Valter Longo. Dix jours après ma réalimentation, j’avais repris 2,5 kg, et ma peau était totalement raffermie, éclatante. Cela rappelle l’importance de la réalimentation adaptée pour maintenir les effets du jeûne. Pour aller plus loin dans le pouvoir du jeûne, allez ici.

Peut-on jeûner à sec plus de trois jours sans mourir ? 

J’ai été contactée sur ce blog début décembre 2017 par Majid qui cherchait des renseignements sur le jeûne sec. Il était déjà en jeûne sec depuis 71 heures et désirait étendre son abstinence à 101 heures. Son but était de se prouver que l’être humain pouvait résister à une privation d’eau et de nourriture plus de trois jours. Comme beaucoup d’entre nous, Majid avait entendu parler de la « règle de survie des trois ». Ce dogme affirme que le maximum qu’un être humain peut endurer sans répondre à ses besoins vitaux est trois minutes sans respirer, trois jours sans boire, trois semaines sans manger (Manise, 2016).

Se sentant s’affaiblir, il hésitait à continuer. Âgé de 45 ans, musulman, son organisme connaissait déjà la déshydratation à la faveur des ramadans annuels. Néanmoins, je lui ai conseillé de rompre son jeûne et de reprendre dans quelques semaines, son corps sera mieux adapté. Il décida de continuer néanmoins afin d’atteindre le but fixé. Il raconte son expérience. À sa demande, je transcris l’intégralité de son témoignage. Les caractères gras sont de mon fait.

« Voici le récit de mon voyage d’un jeûne à sec de 101 heures (4 jours et 5 heures). Tout d’abord, je voudrais exprimer que l’objectif de ce témoignage n’est pas d’inciter les personnes à m’imiter. Bien au contraire, il reflète humblement mon expérience avec le corps et l’esprit dont je disposais à ce moment de ma vie. D’où, il n’y a pas pour moi de recette universelle propre à chaque être humain. Chaque être vivant est unique et différent. Et en partant de ce postulat, c’est à chacun d’expérimenter graduellement, au fil de la connaissance de son corps et de son mental la loi de l’hormèse. Dans ce compte rendu, je vais aborder les points de la manière suivante :

 1) Qui suis-je ?

2) Qu’est-ce qu’un jeûne sec et mon expérience au préalable

3) Le pourquoi d’un jeûne sec de 101 heures

4) Mon ressenti jour après jour

5) La reprise alimentaire

6) Une note de synthèse

7) Mes remerciements

 1) Qui suis-je ?

Je m’appelle Majid, je suis Belge d’origine marocaine et de cœur Palestinien. J’ai 45 ans et mesure 1,80m pour 63kg. Je suis typé physiologiquement comme un coureur de fond. J’ai réalisé beaucoup de compétitions par le passé. Mais aujourd’hui, avec mes trois enfants, je cours pour mon plaisir à raison de plus ou moins quatre fois semaine avec des séances de fartleek pour conserver un minium de vivacité. J’habite dans la campagne à plusieurs kilomètres de Liège (Belgique).

 2) Qu’est-ce qu’un jeûne sec et mon expérience au préalable

Pour les non-initiés, un jeûne sec est le principe du jeûne à l’instar du mois du ramadan. C’est à dire ne pas boire et manger pendant un certain laps de temps. En ce qui me concerne, je n’ai comme expérience du jeûne sec que cette période du mois du ramadan. Donc, l’été dernier, en rompant le jeûne à 22h00 jusque 3 heures du matin, cela me faisait au grand maximum un jeûne de 19 heures sec. Autre expérience que j’ai pu vivre, est un jeûne plus accessible de 36 heures à l’eau.

 3) Le pourquoi d’un jeûne sec de 101 heures

Lors d’un repas convivial entre amis, survient la discussion autour de la croyance que l’on meurt littéralement après trois jours sans boire. Ces propos ont été tenus par mon ami Bernard, un scientifique de 50 ans. Il avait plaisir d’argumenter avec beaucoup d’énergie en s’appuyant sur des bases physiologiques. Je lui ai répondu: « Non, pas toi Bernard, tu ne crois tout de même pas à ces sornettes. »

Du coup, il n’en démordait pas et il s’est fait même aidé par une tierce personne qui confirme ses dires en s’appuyant sur l’aide du smartphone. Nous voilà donc avec mon ami Bernard et le reste des convives aux anges et moi qui reste pantois et dubitatif. Bon, j’ai laissé les choses germer et je me suis documenté sur le net. Très vite, j’ai pu lire des témoignages très intéressants sur le jeûne hydrique, mais moins sur le jeûne sec. Jusqu’à être tombé sur le site: les miracles de l’imagination https://metanoialaporteauxmiracles.com.

Tout est devenu plus clair et rassurant à la lecture de l’expérience clinique de 10 adultes en bonne santé. Ils ont été suivis par un corps médical durant un jeûne sec de cinq jours. Et il en résultait que l’expérience s’est avérée sans danger, et il a été observé une amélioration considérable des fonctions rénales. Du coup, je me suis dit, que j’allais tenter quatre jours. Et en les convertissant en heures, cela faisait 96 heures. Et là-dessus, j’ai voulu me faire plaisir et l’arrondir en un premier à temps à 100 heures. Puis très vite à 101 heures pour marquer davantage de crédibilité et de susciter la réflexion et la curiosité. Pratiquement, j’ai choisi le meilleur moment pour moi d’inclure ce jeûne rapidement dans mon agenda. En tenant compte évidemment des paramètres familiaux et professionnels.

Par contre, je voulais dès le commencement du jeûne vivre ma vie pleinement, naturellement sans rien y changer. Exactement le même principe que je m’applique pendant le mois du ramadan. Non pas un jeûne du lit au canapé, et du canapé au lit. Mais un jeûne à la réalité de mes engagements familiaux et professionnels.

 4) Mon ressenti jour après jour

Vendredi 8 décembre 2017 

Je me rends au boulot comme chaque jour à vélo avec assistance électrique. Temps de parcours de plus ou moins une heure. À 14 h précises, je me suis arrangé pour qu’il ne reste plus une seule goutte d’eau dans ma gourde. Fin de journée, je rentre également à vélo et là, de manière inconsciente, mon corps se met déjà en mode économe. C’est-à-dire que j’ai moins forcé dans l’effort et de ce fait, j’ai allongé mon temps de parcours.

Le soir venu, je me mets à table en famille. C’est important pour moi de ne pas me soustraire et de vivre comme un ermite. Donc, tous les repas, petit-déjeuner, dîner et repas du soir, j’étais présent à leur côté. Surtout pour aider Ziad le petit dernier de 2 ans et demi. J’ai pu assez facilement passer ma soirée sans manquer de nourriture et d’eau. Il faut dire que les années de jeûne pendant le ramadan doivent certainement aider le premier jour. C’est un peu comme si j’appuyais sur un bouton on-off et que mon corps se mettait littéralement en mode jeûne sans rien réclamer.

Samedi 9 décembre 2017

Ma matinée au travail se passe sans souci. Dans l’après-midi, je me suis rendu à la commune d’Aywaille (près de Liège) pour rendre hommage et féliciter un gaillard (Jean-Pierre Minguet) hors norme de 59 ans qui a parcouru ses 20 dernières années 400.000km à vélo ; principalement entre le boulot et la maison (Sudinfo.be, 2017).

Si j’évoque cette anecdote, c’est que je recherche dans ma vie à être entouré de personnes rayonnant des ondes positives allant de l’avant, avec une réflexion d’esprit. Personnellement, cela m’aide à vivre de manière plus harmonieuse. Je suis de nature à avoir un regard critique sur beaucoup de domaines de la vie dans le but d’éveiller la conscience, afin de ne pas tomber dans le dogme et suivre aveuglément sans trop de responsabilité le troupeau. Cette personne à l’allure non sportive m’inspire une très belle leçon de vie, au travers son choix écologique, sa symbiose avec la nature, sa discipline et sa rigueur bravant les quatre saisons.

Le soir venu, nous nous rendons avec la belle-famille dans un restaurant pour fêter la naissance de mon filleul Lubin. Je dois vous avouer qu’être assis devant une table dressée de bons mets mit mon estomac et mon mental à rude épreuve. D’autant plus que ma belle-mère assise devant moi n’arrivait pas à bout de son plat de salade au chèvre chaud. Loin de moi l’idée de craquer. Mais, j’avais du mal à me dire que tout ce reste de nourriture irait dans le compost. Alors qu’ici et maintenant, il y avait un preneur.

 Dimanche 10 décembre 2017

Comme tous les matins, je prends une douche froide avant d’aller soigner les poules. J’allais enfourcher mon vélo pour une matinée au boulot professionnel. Mais in extrémis, mon corps n’en a pas voulu. Personnellement, ça été une démarche très difficile de prendre à la place la voiture. Heureusement, la sagesse l’a emportée. Effectivement, si je voulais tenir plus de quatre jours à jeun et à sec, j’avais intérêt à ménager ma monture. Par contre, le retour en voiture a été laborieux. J’étais fatigué, mes yeux se fermaient et j’ai dû m’arrêter à quelques kilomètres de la maison pour faire une micro-sieste. En rentrant à la maison, je sentais que mon corps avait besoin de se réchauffer. J’avais les mains et les pieds glacés. Et c’est sous ma couette que j’ai pu trouver un repos physique. Le reste de la journée a été longue sans trop d’énergie. Je sentais que mon corps ne répondait plus. Tous mes déplacements s’effectuaient au ralenti. Ma voix commençait à faiblir. Je commençais à vivre difficilement le jeûne. J’avais des douleurs dans le bas du dos, remontant sur la colonne vertébrale. Innocemment, je pensais que j’allais pouvoir aller tous les jours au boulot à vélo et de surcroît continuer mes entraînements de course à pieds. Il a fallu me rendre à l’évidence. Et en allant me coucher, je préparais mentalement la journée du lendemain. La nuit a été plus saccadée avec des périodes d’insomnie. J’entendais mon cœur battre jusqu’à ma tempe. J’éprouvais une sensation désagréable de pression permanente au niveau de la cage thoracique. Ma respiration était plus courte et plus saccadée. Je commençais à me tracasser. Certes, j’étais avec mon épouse, mais seul dans l’expérimentation d’un jeûne alliant mes tâches quotidiennes.

 Lundi 11 décembre 2017

Ma journée au travail débute à 15 h et se termine à 22 h. Encore une fois, j’ai eu beaucoup de mal à accepter de m’y rendre en voiture. Car, pour une fois, le choix de mon jeûne avait un impact sur le bien-être de ma famille. En effet, ma fille Nour a du faire l’impasse de son entraînement de gym du soir pour que je puisse me rendre au boulot en voiture. À nouveau, mon corps répondait encore moins bien que les jours précédents. J’éprouvais plus de difficulté à déglutir.

Mon rythme de parole était plus lent et on sentait une faiblesse dans ma voix, à l’instar d’une personne âgée. J’ai très vite compris que ma voix reflétait mon état physique au travers cette poitrine en dépression. Pour essayer de mieux comprendre ces modifications internes, j’ai clairement questionné l’administrateur du site « Les miracles de l’imagination » :

“Bonjour, dans une heure et trente minutes, mon corps et mon esprit auront enduré 72 heures de jeûne sec. Je souhaiterais atteindre 101 heures. Mais, je vous avoue que j’ai un peu peur car mon organisme est maintenant au ralenti. Ce qui me rassure c’est que je vais toujours uriner plusieurs fois par jour. Pourriez-vous m’indiquer les premiers signes annonciateurs d’un danger potentiel qui me feraient rompre le jeûne. Merci pour vos réponses”.

Je remercie d’avance mon interlocuteur car il a été bienveillant à plusieurs égards. Notamment, puisqu’il s’agissait de démontrer qu’on était toujours vivant après trois jours sans boire ni manger, il m’a demandé de rompre le jeûne. Car pour lui, mon objectif était atteint, et que je pouvais toujours réitérer ultérieurement l’expérience de manière progressive. Ok, j’ai compris qu’il préférait jouer la carte de la sécurité. Et de toute façon l’inverse m’aurait étonné de sa part. Par contre, il m’a donné un outil formidable afin de vérifier l’hydratation de la peau. En la pinçant, elle doit reprendre son élasticité normale. Si ce n’est pas le cas, il s’agit d’un signe de déshydratation. Chose étrange ce jour, tous ces paramètres m’ont donné envie de prendre soin de mon corps. En effet, les kilos filant, et la barbe naissante, cela ne m’aidait pas psychologiquement à continuer l’aventure.

Donc, je me suis rasé une semaine à l’avance. Et très sincèrement, je trouvais que ma peau était bien plus belle, plus lisse avec un beau teint et un visage plus rayonnant qu’à l’accoutumée. J’étais content d’aller au travail avec cette mine, même si physiquement le corps et la parole étaient au ralenti. Mes collègues se sont rapidement aperçu que quelque chose n’allait pas dans la façon de me mouvoir. Dans la discussion, c’était impressionnant d’observer un ajustement dans leur tonicité verbale et physique. Ils étaient plus dans l’écoute active. Cela me renvoyait à l’image d’être davantage à l’écoute des personnes plus âgées. Et lorsqu’on leur adresse la parole, c’est avec une très grande retenue, un plus grand respect, avec une voix plus douce et un ralentissement du débit des mots.

J’ai ressenti beaucoup d’empathie et de la bienveillance à mon égard. On essayait davantage de me comprendre que de me juger. Cela m’a fait plaisir. Au fil de la soirée, j’ai à nouveau observé un changement de mon état physique.

Sur la route du retour, je n’ai éprouvé aucune fatigue. Bien au contraire, j’étais bien éveillé avec une parfaite lucidité. Content du regain d’énergie, je demandais à mon épouse ce qu’elle pensait de mon visage. Elle me répondit texto et avec beaucoup de retenue: “Tu ressembles à un mort!”

Alors bien évidemment, je l’ai remercié pour son honnêteté. Mais je lui ai répondu que personnellement, je me trouvais bien pour le moment. La nuit a été agitée et je n’ai pas fermé l’œil de 2 h à 4 h 30 du matin. En fait, je n’avais pas sommeil du tout. J’étais tout simplement en forme. Mieux, ce sentiment d’oppression permanente sur la cage thoracique s’est estompé ainsi que les battements du cœur forts prononcés. Mon corps aurait-il compris qu’il n’aurait rien à manger et à boire ?

J’étais également excité de la journée du lendemain. Et si j’y arrivais ? Et comment l’annoncer à mon ami scientifique ?

Mardi 12 décembre 2017

En me levant, j’étais encore plus en forme que la veille au soir. Je trouvais un peu plus de timbre dans ma voix et je parlais enfin plus ou moins normalement. Mais toujours avec cette difficulté permanente de déglutition.

Par ailleurs, depuis dimanche, j’ai des glaires épaisses de couleur blanchâtre au fond de la gorge que je dois régulièrement expectorer. J’étais très actif tout au début de la matinée. Puis j’ai eu une chute de mon énergie. J’ai passé le reste de la matinée dans mon lit à me reposer. J’ai enfin compris que le jeûne était synonyme de repos. Et donc, je ne suis pas allé au travail ce jour.

Par contre, vers midi, j’avais à nouveau la pêche et j’ai enfourché mon vélo pour me rendre chez le coiffeur de mon garçon Marouane, à 5 km de la maison. J’étais fier de moi jusqu’au moment où je me suis regardé devant le miroir du salon de coiffure. Bizarrement, les propos de mon épouse « tu ressembles à un mort » ont fait écho en moi. J’étais triste de voir qu’effectivement je ne me trouvais plus du tout beau. Que je ressemblais davantage à un zombie sur pattes. Je pense que la coiffeuse qui me voyait pour la première fois était trop polie que pour me questionner. Habituellement, les coiffeurs sont bien plus loquaces. Finalement ma nouvelle coupe annuelle a remonté l’estime de moi. Et c’est toujours avec beaucoup d’énergie que je terminais cette après-midi.

Vers 16 h, je ressentais à nouveau une baisse de régime avec le besoin de me reposer. Cette fois, il me semble que j’ai réellement dormi une petite heure.

À 17 h, je prépare le souper des enfants et en même temps, je suis tout excité. Non pas à l’idée de boire ou manger. Mais plus tôt, à la venue de mon ami Bernard. En effet, je lui ai téléphoné ce jour et non avant. Car, je ne savais pas si j’allais arriver au terme de mon objectif. Ne sachant rien de mon expérience, je l’ai invité à partager à la maison un moment historique du haut de ses 50 ans. Seul impératif, il devait être à la maison vers 18 h 45. Mais pas après 19 h.

J’ai bien insisté sur l’expérience unique et que ça me ferait grandement plaisir de le partager avec lui. À l’heure prévue, Bernard arrive à la maison et ne se doute toujours rien. Il m’évoque quelques hypothèses comme l’abattage d’une de mes poules dans le plus grand respect animalier (halal), ou encore une circoncision (qui se pratique normalement à l’hôpital). Non vraiment, Bernard ne se doute de rien. Je lui dis: “Bernard, suis moi dans la salle de bain”. Naïvement, il me suit. Je sors une balance; je retire mes vêtements en ne gardant que mon slip et je lui demande de lire mon poids.

Tout d’abord, il est resté ébahi devant ce corps décharné pour laisser place ensuite à de fortes émotions. Ce moment de partage avec Bernard mais également avec mon voisin de 84 ans Jean, qui est comme un grand-père spirituel ont été immensément riche en émotions. Nous sommes restés un long moment à discuter des bienfaits du jeûne, de la suralimentation de notre société d’aujourd’hui. Je pense que cela a été vécu comme un moment marquant dans notre vie.

 5) La reprise alimentaire

Personnellement, je ne pouvais pas faire autrement que de rompre le jeûne qu’avec de l’eau de mer ramenée à l’isotonie[1]. Les premières gorgées restes inoubliables. Mes amis ont été étonnés que je ne me rue pas sur la nourriture. Curieusement, je n’avais pas spécialement faim. L’eau de mer me suffisait pour le moment. J’ai pris des petits morceaux de pamplemousse (le fruit à l’indice glycémique le plus bas), des quartiers de pommes, un avocat et quelques olives pour apporter du gras. Après une heure, le besoin de manger d’avantage de fruits se faisait ressentir. Et c’est avec beaucoup de délectation que je mettais dans mon palais de petits morceaux de mandarines ou d’oranges. Je fermais les yeux et mes sens étant davantage développés suite au jeûne, je m’émerveillais à chaque bouchée en contemplant la puissance du goût de l’aliment. Wouaw, Macha’Allah (Dieu l’a voulu)

Finalement, avant d’aller au lit vers 23 h, j’ai savouré pleinement : deux pamplemousses, un avocat, quelques olives et dattes, deux pommes, deux poires, trois clémentines, quatre petites oranges et un demi-concombre. Je n’étais absolument pas ballonné. J’ai simplement suivi mon instinct avec la discipline de ne pas en faire de trop. Vers minuit trente, je n’avais plus du tout sommeil et mon estomac était déjà quasi-vide. Plutôt que de tournoyer dans mon lit, j’ai préféré à nouveau me sustenter en rédigeant ce compte-rendu. L’heure avance et je n’ai pas sommeil du tout. Et pourtant, il est 5 h 17 du matin. 

6) Une note de synthèse

Très honnêtement, je pense que j’aurais pu encore tenir un jour de plus. Mais cela allait d’une part à l’encontre de mon objectif initial, et d’autre part, je n’aimais plus ce corps osseux. J’avais l’impression de ne plus être dans un corps habité. Les bienfaits au niveau corporel sont moins de douleur à mon hallux rigidus; une diminution du volume d’un kyste à l’avant du pied et le grain d’une peau de bébé. Et ce mercredi matin, après avoir passé une nuit blanche, je ressens une sensation de plénitude. Certainement due à une décharge d’hormone du bonheur. À nouveau, je tiens à préciser que cette expérience est vraiment personnelle et que je ne l’ai pas expérimentée pour qu’on fasse la même chose que moi. Le partage de ce ressenti est pour moi une opportunité de nous interroger sur les réels besoins nutritionnels de notre corps. Car, nous le savons trop bien que nous consommons plus que ce que le corps a besoin.

À travers ce long périple, je suis assez fier de moi. Fier, dans le sens où j’ai pu être à l’écoute de mon corps et de m’octroyer cette possibilité de rompre le jeûne à tout moment s’il s’avérait nécessaire pour ma santé. Donc, il me semble qu’en partant de ce principe d’être à l’écoute de son corps, nous entrons plus facilement dans une réflexion spirituelle. Une démarche volontaire menant à une régénérescence de nos organes et cellules. À titre indicatif, je pesais à la fin de mon jeûne 55,8 kg. Cela fait une perte de 7 kg avec environ, 1,6 kg/jour en moins.

 7) Mes remerciements

Mes remerciements vont tout d’abord à Dieu (Allah) qui m’a donné la force physique et mentale d’expérimenter ce jeune avec ou sans l’accomplissement de mon objectif. Ensuite, à ma tendre épouse Gaëlle et à mes enfants à qui j’ai dû faire vivre des moments de peur et d’interrogation. Merci à mon ami Léon qui m’a ouvert les yeux sur des pratiques naturelles insoupçonnées.

Merci à l’authenticité de Bernard qui m’a permis de mettre en œuvre le projet à court terme. Merci à la bienveillance de l’administrateur du site: « Les miracles de l’imagination ». Merci à toutes les personnes qui ont cru au projet sans porter de jugement. Personnellement, le jeûne est, et restera le premier médicament naturel. À l’instar de l’instinct animalier qui s’arrête de s’alimenter pour se soigner. Je vous souhaite à tous d’expérimenter un jour les bienfaits du jeûne et surtout de le vivre à votre rythme. Majid AMAR »

[1] Mejid parle du sérum de Quinton.

Pour aller plus loin dans l’expérience du jeûne sec, cliquer ici.

Vous trouverez ici un groupe de discussion sur le jeûne, l’hormèse et l’évolution.