Une méthode révolutionnaire pour éradiquer les intolérances alimentaires ?

Système immunitaire – Crédit Shutterstock

À l’été 2018,  dans la ville australienne de Perth, une fillette de 6 ans est morte suite à une réaction allergique à un produit laitier. En février 2019, une jeune femme de 24 ans, Fathimath Hana, est décédée après avoir goûté à des fruits de mer au restaurant. Ses amis qui l’accompagnaient n’ont souffert d’aucun désagrément. À la fin de ce même mois, Brandon Cheatham, 17 ans, est mort dans un hôpital d’Angleterre à la suite de la consommation de noix.

Ces quelques histoires malheureuses ne sont quelques unes parmi les centaines de décès qui ont lieu chaque année à la suite d’allergies alimentaires.

Une allergie est définie comme une réponse immunitaire à une substance comme un aliment, du pollen, de la poussière ou un médicament à laquelle un individu est devenu hypersensible. Comme l’explique en vidéo le Dr Eleanor Nelsen, dans un cas d’allergie notre système immunitaire confond simplement le pollen inoffensif et les spores de moisissure avec un élément potentiellement dangereux comme les bactéries. La réaction allergique désagréable que nous subissons est notre corps en défense.

Les allergies de toutes sortes sont en constante augmentation. Les allergies alimentaires, considérées faire partie d’une seconde vague, ont augmenté de 50% au cours de la dernière décennie, avec une augmentation de 700% des hospitalisations dues à des cas d’anaphylaxie.

L’excès d’hygiène, la raison d’une fragilisation de nos systèmes immunitaires ?

La médecine reconnaît de plus en plus plausible l’hypothèse hygiénique pour expliquer l’épidémie d’allergies. Cette théorie considère que l’exposition d’un enfant à un environnement où se trouvent nombre de micro-organismes particuliers permet de développer un système immunitaire qui protégera l’individu plus tard. Par conséquent, un manque d’exposition à un environnement fort en microbes (produits d’entretiens, crèmes pour la peau, exfoliation, chauffage excessif, etc.) entraînerait des défauts dans l’établissement de la tolérance immunitaire.

L’un des exemples les plus frappant est l’expérience de Carélie réalisée par des chercheurs du MIT où il a été comparé les microbiotes et les incidences de maladies autoimmunes chez des enfants russes, estoniens et finlandais qui vivent dans trois pays, situés dans la région de la Carélie mais dont les modes de vie sont très différents.

En effet, la région côté russe est rurale et agraire, tandis que les deux autres appartenant à l’Union Européenne sont des régions citadines avec des standards d’hygiène occidentaux. Or, les enfants russes présentent un incidence six fois moins importante que l’Estonie ou la Finlande pour ce qui est des allergies et des maladies autoimmunes comme le diabète de type 1. Il est à noter que la Finlande est le pays où la proportion d’enfants atteints de cette maladie est la plus importante au monde.

Comme le relate au New York Times Mikael Knip, principal auteur de l’étude, les enfants de la Carélie russe qui ont pour la plupart grandi en buvant de l’eau de puits non traitée et en mangeant de la viande de leur ferme évoluent dans des environnements plus riches en microbes que les enfants d’Estonie et de Finlande.

Titus Lucretius Cato (98–55 av. J.-C.) : « ce qui est nourriture pour l’un, est poison pour l’autre »

Mais, il est à noter que le problème des allergies et des intolérances alimentaires sont connues depuis au moins l’Antiquité. En effet, la phrase tirée du poème de Titus Lucretius Cato au 1er siècle avant notre ère suggère une compréhension de réactions indésirables aux aliments depuis au moins 2000 ans. Mais, à la différence, les allergies étaient rares.

Il apparaît également que la phrase du poète romain marche dans l’autre sens. L’histoire nous apprend que certains cercles de peuples d’Asie mangeaient des poisons pour s’en préserver. Par exemple, Mithridate VI, ennemi juré de Rome, absorbait les pires poisons connus en petite quantité dont il augmentait la dose pour développer une résistance afin de ne pas mourir empoisonné. L’exercice à tellement été efficace qu’il n’a pu se suicider par poison et a dû implorer un de ses soldats de lui donner la mort.

Le processus qui consiste à s’auto-immuniser en absorbant de minuscules doses de poisons en en augmentant progressivement la dose s’appelle mithridatisation.

 

Pièce de monnaie avec le portrait de Mithridates VI

L’immunothérapie orale ou la mithridatisation moderne 

Or, il semble que la méthode de Mithridate est utilisée désormais pour tenter de désensibiliser les personnes gravement allergiques à des aliments, souvent avec succès qui vont jusqu’à 90% comme le montre la vidéo.

Une méthode révolutionnaire pour éradiquer les intolérances alimentaires ?

En voici la traduction :

Aux États-Unis, toutes les trois minutes, une personne se rend aux urgences pour une allergie alimentaire potentiellement fatale, mais maintenant, des chercheurs étudient un traitement expérimental prometteur.

Un médecin utilise une approche révolutionnaire pour lutter contre la menace mortelle, et elle a des histoires de réussite pour prouver son efficacité.

0’36 – « Pendant la majeure partie de la vie de Lindsay Ehrenpreis, 11 ans, la nourriture a été une source de peur. L’exposition la plus microscopique à de nombreux types de noix pouvait lui causer une réaction allergique presque mortelle.

Le père : « Chaque grain de noix, pas seulement ceux qu’elle mangerait, mais la contamination croisée de plats, de casseroles et des poêles dans les cuisines des autres, était son cyanure ».

Mais heureusement que les temps changent. Au cours des huit derniers mois, Lindsay a reçu un traitement expérimental appelé immunothérapie orale. Cela fait partie d’un essai clinique de l’Université de Stanford, dirigé par l’immunologiste et chercheuse Dr Kari Nadeau. Petit à petit, son corps est entraîné à ne plus réagir aux aliments auxquels elle est allergique – un processus appelé désensibilisation.

1’21 – Le Dr Kari Nadeau : « Ce que nous faisons, c’est essayer d’éradiquer les allergies des gens et de le faire de façon permanente. Pour ce faire, la personne doit consommer le même aliment auquel elle est allergique ».

Au début du traitement, Nadeau et son équipe administrent à la plupart des patients une série d’injections pour réduire la réponse immunitaire de l’organisme. Plusieurs semaines plus tard, ils commencent à manger seulement quelques grains des aliments auxquels ils sont allergiques et au cours des mois suivant jusqu’à un an, cette quantité augmente régulièrement.

Lindsay : « J’étais nerveuse, bien que j’avais vu à quel point les flocons étaient minuscules et j’ai littéralement dit » un, deux, trois et je les ai mangé ».

Maintenant, elle peut manger 60 noix en une journée sans avoir de réaction.

Les allergies alimentaires sont en augmentation, doublant environ tous les 10 ans. Un enfant américain sur 13 est touché et 25% d’entre eux auront une réaction grave appelée anaphylaxie.

Nicholas Pierorazio, 17 ans, a terminé avec succès ce traitement en 2013. À l’âge de 9 mois, son premier repas de macaroni et de fromage lui a occasionné un passage aux urgences.

Cathy, la mère de Nicolas : « On ne pouvait même pas l’embrasser après avoir mangé un morceau de fromage. Tout son visage gonflait jusqu’à presque exploser ».

Avant le traitement, Cathy était dans un état constant de panique. « C’est comme une alarme qui ne s’arrête jamais. Et puis après avoir eu le traitement du Dr Kari, j’ai eu l’impression que les cloches n’ont pas arrêté de sonner mais se sont calmées.

Maintenant, Nicolas prend une dose quotidienne des aliments auxquels il était allergique pour maintenir son absorption de l’aliment sous la forme d’un cookie.

Cathy : « Je sais que cela a changé sa vie ».

Le traitement n’est pas sans risque. Certains patients ont éprouvé des douleurs abdominales, des éruptions cutanées et des picotements dans la bouche et la gorge et Nadeau n’appelle pas encore cela un remède. « Quand je pense au mot guérison, je pense que la guérison est pour la vie et pour l’instant nous n’avons testé personne pendant toute sa vie », a-t-elle déclaré. « Ce que j’ai vu, c’est à quel point c’est héroïque – à quel point j’admire ces gens pour avoir pu faire face à ces peurs et dire, mais je sais qu’à la fin de cela, je vais pouvoir manger et manger sans peur. »

Le Dr Kari Nadeau a traité plus de 700 patients et plus de 300 sont actuellement en essais cliniques. Bien que la thérapie soit souvent un succès, elle ne peut être effectuée que dans un cadre hospitalier surveillé. Ce n’est pas quelque chose que les gens doivent essayer à la maison.

Ainsi, si vous souffrez d’intolérances alimentaires (et non d’allergies mortelles uniquement traitables par un médecin qualifié en immunologie), vous pouvez associer votre pratique du jeûne à des réintroductions microscopiques et progressives des aliments incriminés. Cette méthode prend un peu de temps mais est plus tellement plus efficace qu’éliminer à vie les aliments un par un et de ne manger plus que des légumes et des fruits.

En outre, bien qu’elle apparaît révolutionnaire, l’histoire de Mithridate nous informe que cette méthode de guérison est connue depuis des milliers d’années. Nos sociétés l’avaient juste oubliée.

Crédit photo : Shutterstock

Pour parler du jeûne et du renforcement de l’organisme sur Facebook, cliquez ici.

En Occident, les enfants ne croisent pas assez de microbes : http://www.slate.fr/story/121595/occident-enfants-microbes

 

 

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