Où se trouve Dieu ?

La Porte (Tama66/Pixabay)

Je vais aborder un sujet qui pourra mettre mal à l’aise certains d’entre vous. Mais, il me semble nécessaire de l’aborder pour justifier la philosophie de Neville Goddard et des théories de la Pensée positive présentent sur ce blog. J’espère que cet article va générer un débat dans les commentaires et dans l’esprit de chacun. Je dois ajouter que je ne suis absolument anticléricale.

J’ai découvert à l’âge de 13 ans les écrits du Dr Joseph Murphy à travers son livre La Puissance de votre subconscient. J’étais déjà très croyante et allais à l’église avec mes parents, même si j’étais totalement déconnectée de ce qui s’y disait. Les affirmations du Dr Murphy me semblaient plus logiques. Très rapidement, j’ai testé ses méthodes, car il s’était présenté un problème insoluble. Avec l’application d’affirmations et de visualisations, le problème insoluble avait trouvé une miraculeuse solution en moins de 48 heures. Les théories de Joseph Murphy sont alors devenues les miennes. Je méditais beaucoup, faisais des expériences, testais le pouvoir de la foi. Et suis allée à la rencontre de nombreuses philosophies dont la grande majorité ne me satisfaisait pas du tout.

Néanmoins quelques quinze ans plus tard, je suis tombée sur des livres de Neville Goddard. Il était présenté comme un mystique chrétien. On m’avait conseillé ces textes qui étaient censé représenter l’enseignement chrétien le plus profond et le plus accompli. Le livre Le secret, c’est le sentiment, m’était plus ou moins compréhensible. Mais quand j’ai tenté de lire Votre Foi est votre fortune, je me suis mise en colère. Neville Goddard déclare que la conscience est Dieu, que Dieu n’est pas ailleurs qu’à l’intérieur de l’homme, que l’homme est Dieu. Je n’ai pu aller plus loin que la 40e page, tellement je me sentais agressée par ses affirmations. J’ai alors mis ses livres de côté, résistant à l’envie de les jeter au feu. Quelques années plus tard, je les retrouvais dans ma bibliothèque et ai compris le génie de Neville. J’avais pendant ces années assez mûri pour saisir enfin la teneur de ses textes de Neville dans leur vérité et leur magnificence.

Ancient textes (gellinger_pixabay)

Lors de mes recherches sur le jeûne thérapeutique, j’ai eu à lire des textes gnostiques, du christianisme primitif, celui de ceux qui avaient connu Jésus ; avant la conversion de l’empereur romain Constantin à la religion chrétienne. Ces textes étaient en circulation parmi les premiers chrétiens avant qu’au IVe siècle l’Eglise ne les détruise les considérant comme hérétiques.

Malgré toute l’énergie qu’Elle a mise pour les faire disparaître, certains sont réapparus en Égypte : en 1945 à Nag Hammadi et en 1947, près de la Mer morte. Ces textes présentent un christianisme des origines beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît et très différent du discours communément accepté depuis 2000 ans. À leur lecture, on peut comprendre pourquoi l’Église les a désignés comme hérétiques : ils menaçaient littéralement sa légitimité en tant qu’institution humaine.

Nombre d’entre eux se rapprochent des textes de Neville Goddard. Ils affirment que Dieu est dans l’homme. Il n’y a pas à le chercher ailleurs. De plus, il n’est pas question de péché originel ou de culpabilité entretenue, mais l’homme est invité à retourner à lui-même pour trouver Dieu :

L’Évangile de Marie : « Prenez garde que personne ne vous égare, disant : « Par ici ! » ou « Par là ! ». Car le fils de l’Homme est en vous. Suivez-le ! Ceux qui le chercheront le trouveront. »

Dialogue du Sauveur : « Ce que vous cherchez est à l’intérieur de vous ».

Le livre de Thomas : «  Celui qui se connaît lui-même a déjà atteint la connaissance de la profondeur de tout ».

L’Evangile de Thomas : « Le Royaume de Dieu est à l’intérieur de vous et à l’extérieur de vous ».

L’Evangile de Thomas : «  Ce que vous avez vous sauvera si vous le faites émerger de vous ».

D’ailleurs, dans le loggion 3 de l’Evangile de Thomas, Jésus se moque de ceux qui placent Dieu dans le ciel :

« Jésus a dit : Si ceux qui vous guident vous disent : voici, le Royaume est dans le ciel, alors les oiseaux du ciel vous devanceront ; s’ils vous disent qu’il est dans la mer, alors les poissons vous devanceront. Mais le Royaume, il est en dedans et il est en dehors de vous. Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra. Et vous saurez que c’est vous les fils du Père Vivant. Mais s’il vous arrive de ne pas vous connaître, alors vous êtes dans la pauvreté, et c’est vous la pauvreté. »

On comprend aisément que Jésus rappelle que Dieu est à trouver en soi-même, et que la connaissance et l’abondance viennent de l’intérieur, donc de la conscience comme l’explique Neville Goddard.

Jésus va même plus loin dans Jean 10,34 : « Jésus leur répondit: N’est-il pas écrit dans votre loi : J’ai dit: Vous êtes des dieux ? ».

Le  corps, temple de Dieu ( Kun-Fu de Mysticsartdesign_pixabay)

Je rappelle également la polémique concernant le verset 17, 21 de l’Evangile de Luc. Il est traduit très souvent dans les bibles catholiques (Segond, Ostervald, Darby, Bible de Jérusalem, Bible en français courant), par : « le Royaume de Dieu est au milieu de vous » ou «  le Royaume est  parmi vous » (Semeur, TOB). Alors que le texte original grec dit « entos humôn », et son exacte traduction latine dans la Vulgate « intra vos », n’ont jamais signifié autre chose qu’« à l’intérieur de vous » ou « en vous ». Les bibles utilisées par les protestants anglo-saxons comme celle du Roi james (King James Bible » dit : « The Kingdom of God dit within you », donc à l’intérieur de vous. Comme le texte original ne leur convenait pas, l’Église l’a tout simplement changé. Je vous invite à écouter l’explication de l’historien Henri Guillemin dans sa magnifique intervention Affaire Jésus, que vous trouverez à partir de 1h38 de l’enregistrement.

Car l’implication entre ces deux phrases est très importante. Si on base sur la version modifiée par l’Eglise catholique, cela signifie que Dieu est à trouver dans la communauté, donc à l’extérieur. Cela valide la primauté de l’Eglise comme structure, les prêtres, la confession aux prêtres et cela donne du pouvoir au clergé. En revanche, si on retient le texte original, le Royaume est à l’intérieur de soi, c’est en retournant en soi qu’on le retrouve, en travaillant sur soi-même.

Comme le dit Neville Goddard, Dieu est en soi, dans sa propre conscience. Rentrez donc profondément en vous-même pour le retrouver.