Endométriose : une guérison par un jeûne ?

Photo : Wolfblur/Pixabay

Kidim est une jeune femme qui souffrait depuis des années d’une endométriose que la chirurgie n’a pas réussi à améliorer. Après maints traitements et thérapies, elle s’est résolue à faire un jeûne en octobre 2014. Voici le résumé de son témoignage :

« J’ai commencé mon jeûne ce mercredi 25 septembre le lendemain d’une cure du foie. Le matin même, j’ai fait plusieurs lavements rectaux pour aider à l’évacuation des calculs. En ce qui me concerne, je trouve que commencer un jeûne après avoir fait un ou plusieurs lavements dans les jours qui précèdent est une bonne chose. Cela nettoie, soulage mes intestins et surtout coupe un peu voire beaucoup la faim. Je me suis sentie en forme comme à chaque cure du foie environ vers 17 h. J’ai passé une nuit normale. À partir de là je crois que j’ai pratiqué un lavement quotidien ou presque jusqu’au quatrième jour. Cela me fatiguait beaucoup et me donnait froid. Rien n’est sorti à part un liquide très jaune et âcre ou acide je ne sais pas trop. Le sixième jour, je n’avais pas encore lu l’opinion de Shelton au sujet des lavements. Cela m’a soulagée car franchement je ne ressentais plus aucune envie d’en faire même si je croyais que c’était bien. »

Vendredi 26 septembre 2014, 2e jour de jeûne

« J’ai ressenti un peu la faim mais avec de la motivation, rien n’est insupportable. J’ai commencé à être fatiguée, j’ai passé la journée dans les magasins (ne connaissant pas l’intérêt du repos). Je crois que j’ai eu ou commencé à avoir des maux de tête ainsi que des douleurs dans les jambes, dans les articulations, des frissons. (En fait je ne sais plus bien si ça a commencé le 2ème ou 3ème jour) ».

Samedi 27 septembre 2014, 3e jour de jeûne    

« Idem que le deuxième jour mais avec plus de fatigue. Jusqu’au soir où ça a été abominable : douleurs dans le bas du dos près de la colonne vertébrale côté gauche. Impossible de dormir de toute la nuit. Je me suis contorsionnée dans tous les sens, ai pris trois bains chauds, ai tenté vainement de faire du yoga. Le calvaire. Je ne sais plus si les nausées ont commencé ce jour ou le lendemain. »

Dimanche 28 septembre 2014, 4e jour de jeûne 

« Idem, douleurs atroces toujours dans le bas du dos accompagnées de toutes les petites autres qui étaient de la gnognotte par rapport. Je gardais en tête pour tenir le coup ce reportage[1] visionné sur Youtube et où une infirmière russe dans un hôpital de jeûne expliquait que la crise d’acidose venait souvent au quatrième ou cinquième jour et durait 24 à 48 heures. Effectivement le soir la douleur abominable du dos a disparu doucement et j’ai pu enfin dormir. J’avais aussi malgré la douleur réussi à dormir pendant la journée. Je crois que c’est ce jour (ou la veille ?) qu’ont commencé mes douleurs à l’estomac et des éructations sans odeurs mais sans fin moi qui n’ai jamais eu ce problème d’aérophagie. »

Lundi 29 septembre 2014, 5e jour de jeûne 

« Il ne me reste comme désagrément que ces abominables douleurs à l’estomac : intenses, récurrentes mais brèves souvent précédées ou suivies d’éructations que je suis obligée de faciliter car l’air ne sort pas facilement. J’ai aussi cette abominable boule dans la gorge qui favorise aussi les nausées. Je décide de rejoindre mon ami pour un demi-parcours de golf, soit moins de deux heures de marche. En fait, je marche d’un banc à l’autre, je ne m’intéresse pas du tout à la partie, je marche comme une petite vieille à 2 km à l’heure et suis bien soulagée quand le parcours se termine. Toujours les douleurs d’estomac et la boule dans la gorge. Je n’ai plus mal à la tête. »

Mardi 30 septembre 2014, 6e jour de jeûne 

« Mes douleurs à l’estomac me lâchent dans la journée ou le soir. Je n’ai plus mal à  la tête non plus mais le bruit m’est insupportable. Moi qui adore le cinéma je n’ai même pas envie d’y aller, car je sais que cela va me fatiguer. »

Mercredi 1 octobre 2014, 7e jour de jeûne 

« Je pensais que celui-ci serait le dernier (j’avais prévu sept jours) mais après avoir bien lu ce forum et une partie du livre de Shelton je sais qu’il est préférable que je continue autant que possible pour mon problème d’endométriose. D’autant plus que je n’ai plus faim depuis le troisième pour et qu’à part la boule dans la gorge je n’ai pas de symptômes désagréables donc tout va bien pour continuer. J’ai même l’impression d’avoir plus d’énergie mais il pleut donc je reste sagement chez moi au repos. »

Jeudi 2 octobre 2014, 8e jour de jeûne 

« S’est passé comme le septième, rien de particulier. (…) Cela n’a pas été trop éprouvant. Parfois de légères envies de manger qui passent en quelques secondes à peine donc ça n’est vraiment pas difficile. »

Samedi 4 octobre 2014 – 9e et 10e jour de jeûne 

« Ma langue est toujours bien chargée, mes urines sont toujours claires, les nuits sont parfois courtes, parfois les prémices des douleurs à l’estomac se font sentir mais ça s’arrête là. Je suis en forme mais je ne vaux plus rien dès qu’il s’agit de faire marcher l’appareil locomoteur. La conduite en voiture ne m’a pas posée de problème. Parfois j’ai des envies de manger quand je vois d’autres le faire dans les films, mais cela passe très vite. J’ai déjà des résultats très positifs. J’avais comme des choses très dures et très facilement palpables au bas-ventre tout le long du sigmoïde /ligament inguinal gauche. Cette chose s’est étendue devant la vessie il y a déjà quelques mois. Le gynéco n’a pas su me dire ce que c’était quand je lui ai posé la question : « pour le savoir il faut ouvrir ! » Quoiqu’il en soit cette chose a régressé sensiblement ! Je sens qu’il y a plus de place dans mon ventre, qu’il est plus aéré, alors que j’avais l’impression d’être tout le temps sous pression. J’urine plus facilement. Je sens l’envie d’uriner alors que je n’avais plus cette sensation. Et mon jet d’urine est plus normal. Il est plus franc, plus intense, ce ne sont plus les petites urines « timides » que j’avais souvent. »

Mercredi 8 octobre 2014, du 11e au 14e jour de jeûne 

« Toujours cette boule dans la gorge qui est là fréquemment et qui est très inconfortable. Réveil progressivement de plus en plus tôt dans la nuit. Toujours aussi cette fabrication d’air intempestive qui sort soit par le haut soit par le bas (sans odeur). Toujours beaucoup d’énergie tant que je reste tranquille à la maison sans faire d’efforts musculaires sinon en cas d’effort musculaire je suis pitoyable ! À noter que le 14e jour, j’ai eu les signes avant coureurs de mes prochaines règles. Je me suis malheureusement sentie comme d’habitude dans ces moments. Cela tiraille, mon ventre est gonflé comme rempli de choses « spongieuses » qui se gorgent de « liquides », bref j’avais espéré que peut-être le jeûne aurait stoppé mes règles pour ce cycle mais apparemment il n’en est rien. Enfin nous verrons cela dans quelques jours. J’ai l’impression que mon corps est du coup afféré à gérer cela plutôt que les kystes et autres joyeusetés « endométriosiques » existantes dans mon corps. Je n’ai pas senti de diminution des lésions comme ces derniers temps. Mon poids ce 15e jour est de 37,1 kg au réveil. Je continue ! J’aimerais bien faire au moins 21 jours, mais pas de pression, pas de pression ! »

Mardi 14 octobre 2014, 20e jour de jeûne 

« Mes règles sont arrivées au 16e ou 17e jour de jeûne, sans doute plus tôt que normal. J’ai eu pas mal de douleurs le premier jour des règles. Cela tiraillait d’une façon différente de d’habitude. Les règles étaient globalement ni plus ni moins hémorragiques que d’habitude, je dirais. Je suis pratiquement convaincue que mon corps s’est occupé de cela en priorité pendant les quelques jours des règles. En effet je n’ai pas senti pendant ces jours de diminution des masses dures que je sentais dans mon ventre. (…) Je n’ai plus aucun vertige, ni aucune difficulté quand je sors du lit.

Je voulais commencer dès demain une reprise alimentaire avec jus de légumes coupés à l’eau mais dans la mesure où je sens encore des masses dures dans le ventre je vais essayer de persister encore un peu. Le problème, c’est qu’il faudrait que je sois très en forme pour le 15 novembre ce qui me semble de plus en plus compromis … En fait tout irait bien (voire très bien même) si je n’avais pas cette boule dans la gorge avec cette gorge toute sèche que même le fait de boire ne semble pas hydrater. La langue est toujours chargée et la bouche est toujours pâteuse. »

Kidim redonne des nouvelles sur le forum en date du 23 octobre. Elle a fait une tentative de reprise alimentaire :

« Elle s’est soldée par un échec mais pas du tout dans le sens que j’imaginais. Je comptais commencer par des jus de légumes mais en fait je n’en avais pas du tout envie. Au magasin bio, j’ai tenté l’instinct pour ma nourriture, j’ai donc choisi des petites poires bien mûres et du raisin. Dans l’après-midi du 24e jour de jeûne total à l’eau, je me suis donc fait le jus d’une poire (toute petite, a donné environ 1cm de jus dans le verre) coupée à l’eau. Cela m’a provoqué étourdissements, ballonnements, mal de tête, grosse fatigue, sensation de gonflement de l’endométriose, je suis allée me coucher. Environ une ou deux heures après,  j’ai tenté le jus de quinze grains de raisin coupé aussi à l’eau. J’ai eu à peu près la même réaction.

Le lendemain, j’ai tenté de mâchouiller quelques grains de raisin (en recrachant peau et pépins) : réactions à peu près identiques. J’ai réalisé que cet apport pourtant ridicule mais visiblement massif pour moi de sucre me faisait en fait l’effet de l’alcool. Donc j’ai abandonné les fruits et ai tenté un jus de concombre, beurk ! J’ai donc tenté deux ou trois jours les jus de bouillon de légumes (la moitié d’un tout petit bol par jour, donc en quantité ridicule là aussi), je n’ai pas trouvé ça bon non plus, ça m’a ballonnée aussi mais je n’ai pas eu les désagréments du sucre massif. Toutes ces tentatives auront duré cinq jours.

J’ai jeûné complètement hier. Et peut-être même que je vais continuer. Je subis la pression de mon entourage pour me réalimenter, celui-ci bien évidemment s’inquiète. Avec ces cinq jours de « quasi-jeûne », j’en suis à mon 30e jour de jeûne, si on ne les compte pas ni le jour de jeûne qui a suivi ces cinq jours alors ça fait vingt-quatre jours de jeûne. »

Photo : Myriams-Fotos/Pixabay

Examens médicaux 

« Le 24e jour de jeûne, j’ai passé une échographie réalisée par un interne aux urgences qui m’a dit ne « pas avoir ses repères » vu l’état bizarre de mon ventre après chirurgie, endométriose etc., tous les organes étant sens dessus dessous donc cela ne m’a servi à rien si ce n’est à avoir une prescription d’IRM qui est le meilleur examen pour l’endométriose. L’IRM est réalisée hier soir donc au 30e jour. La bonne nouvelle, c’est que le kyste à l’ovaire gauche de 9 cm est réduit à 5 cm, les mauvaises nouvelles, c’est que tout le reste n’a pas bougé (kyste ovaire droit 4 cm + atteintes rectum + atteintes sigmoïde etc.) et surtout nouvelle joyeuseté : je dois me faire poser une sonde dans l’uretère gauche au risque de perdre mon rein gauche (uretère gauche comprimé par le kyste ovaire gauche).

(…) Au départ je ne voulais pas dire au radiologue que j’étais en jeûne pour qu’il ne soit pas tenté d’interpréter les résultats d’une façon ou d’une autre et aussi et surtout il faut bien le dire, pour ne pas être sermonnée. Et puis comme l’IRM nécessite un produit de contraste (et vu comme j’ai réagi à une petite poire de rien du tout !!!) je me suis dit qu’il était plus prudent de l’avertir. Il m’a écoutée et a été très respectueux de ma démarche et a effectivement diminué la dose de produits vu mon poids. Je n’ai jamais eu de problème lors de mes précédentes IRM mais là j’étais quand même vraiment inquiète de l’effet du produit sur mon corps. J’avais tellement peur d’être frigorifiée pendant l’examen comme les fois précédentes mais en pire car je n’ai plus beaucoup de graisse (on reste quand même presque une demie heure allongée sans bouger avec un petit courant d’air frais détestable destiné à rafraichir la machine sans doute) que j’avais prévu caleçon, chaussettes de ski (!!) et haut fin souple mais très chaud genre Damart. Et bien c’est l’IRM la plus agréable que j’ai passée. Je n’ai presque pas eu froid, et il n’y a eu aucun problème avec le produit de contraste. Une anecdote : la jeune infirmière ou assistante qui s’est occupée de moi pour l’IRM m’a dit qu’elle avait vu l’émission sur ARTE et que ça lui avait donné envie de faire un jeûne mais qu’elle ne l’avait jamais fait ! »

Le 8 décembre 2014, Kidim revient à nouveau sur le forum et donne des nouvelles de ses derniers examens médicaux :

« Bonjour à tous. J’ai attendu d’avoir de bonnes nouvelles à partager et c’est le cas aujourd’hui ! (…)  Le problème au rein (hydronéphrose gauche) s’est envolé ! L’endométriose s’est grandement améliorée. L’IRM du 22 octobre avait révélé une hydronéphrose gauche (rein trop gros) due à une compression de l’uretère gauche par le kyste ovarien gauche d’endométriose. J’ai vu l’urologue le 27 novembre qui a dit qu’il fallait me mettre une sonde double J en urgence pour préserver mon rein, sans faire de nouveaux examens radiologiques, et alors même qu’il n’avait plus de trou dans son planning il s’est débrouillé pour me trouver une place pour demain, le 9 décembre.

Entre temps j’ai vu mon généraliste pour lui demander qu’il me prescrive une échographie (histoire de ne pas me faire mettre une sonde pour rien, au cas où …) que j’ai réalisée ce matin in extrémis … Les résultats sont merveilleux! Le rein va parfaitement bien (il n’y a plus d’hydronéphrose). De plus mon kyste ovarien droit qui mesurait 4 à 5 cm le 22 octobre à l’IRM a disparu. Plus le cul de sac de douglas qui était oblitéré à l’IRM est libre à l’échographie d’aujourd’hui, ce qui signifie qu’il n’y a plus d’endométriose dans cette zone non plus. Il reste mon kyste de 5 cm à l’ovaire gauche (qui mesurait 9 à 10 cm en janvier dernier). L’urologue est donc d’accord pour ne pas m’opérer, j’évite ainsi et la sonde et l’anesthésie générale. Il m’a confirmé que si le rein allait bien c’est que l’uretère n’était plus comprimé, ce qu’on ne voyait pas à l’échographie ».

Pour aller plus loin dans le pouvoir du jeûne, aller ici.

[1] Il s’agit probablement du documentaire Le Jeûne, une nouvelle thérapie ?.

3 réflexions sur “Endométriose : une guérison par un jeûne ?

  1. Bonjour Yéléna !
    Dites quelques question sur ce témoignage plutôt courageux.
    C’était une succession de plusieurs jours de jeune(comme lors d’un ramadan/carême), ou elle a fait 20j d’un coup ?
    Et c’était bien des jeunes hydrique(en consommant de l’eau) qu’elle faisait , ou des jeunes complet sans rien manger ni boire ?

    J'aime

    • Bonjour, c’était un jeûne long en hydrique (donc en buvant) de 26 jours. Elle ensuite rajouter 4 jours après. Il ne faut surtout pas vous focaliser sur les jours. Ce sont les deux trois premiers jours qui sont les plus difficiles au niveau de la faim après ça va. Je vous invite à lire le livre Le pouvoir du jeûne, il y a plein d’exemples de guérisons par le jeûne et des conseils…

      J'aime

      • Wow 26 jours successif,incroyable.
        Oui il m’arrive des fois de faire des jeunes de 24h hydrique ou complet, en fait la faim n’est pas vraiment un problème a la longue c’est facilement gerable.
        Les seuls moment difficile sont lors de pub alimentaire(mcdo,sucrerie, etc…)

        Je lis un peu plus vos article et j’envisage prochainement de faire un jeune de 36h et augmenter petit a petit.

        J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s