Jeûne sec : l’eau est-elle vraiment le meilleur hydratant ?

La pratique du jeûne sec a quelque chose de  révolutionnaire. En effet, pour accepter de s’y soumettre, il est nécessaire de passer par de nombreuses étapes qui sont entre autres nos propres appréhensions résultant de notre éducation, mais aussi le regard des autres qui vous répèteront ad nauseam que trois jours sans boire conduiront inéluctablement à la mort. Combien de fois nous a-t-il été répété que l’homme est soumis à la loi des 3 : « 3 minutes sans respirer, 3 jours sans boire et 3 semaines sans manger »?

Le confort intellectuel empêche d’évoluer

Une petite recherche nous fait rapidement sortir de la bulle éducative confortable dans laquelle nous avons tous été immergés depuis l’enfance :

  • 3 minutes sans respirer : on sait depuis quelques temps que des individus peuvent naturellement s’arrêter de respirer plus des trois minutes légales. Ainsi, les Bajau, un peuple d’Indonésie vivant au bord de la mer et dont l’activité principale est la chasse au harpon est désormais reconnu pour ses capacités d’apnée jusqu’à 13 minutes ! Les scientifiques savent désormais que la rate des Bajau a évolué pour devenir plus grosse que la plupart des individus. La questions que les chercheurs se posent est comment cela est possible et la réponse est simple : l’hormèse désormais reconnue comme facteur majeur d’évolution.
  • 3 jours sans boire : tous les membres de ce groupe qui ont expérimenté le jeûne sec savent désormais qu’il ne s’agit que d’un mythe que personne n’a essayé de « debunker » aussi persistant que celui du minotaure, des licornes ou du Yéti. Vous ne mourrez pas si vous ne mangez ni ne buvez pendant trois jours[1]. Au contraire, vous vous régénérez. Une étude scientifique réalisée sur 10 personnes apparemment en personnes santé montre une amélioration de nombre de fonctions après 5 jours de jeûne sec.
  • 3 semaines sans manger : des milliers de jeûnes hydriques, enregistrés même par les autorités médicales ; le plus connu étant celui d’Angus Barbieri qui a jeûné sous supervision médicale pendant 382 jours. Obèse initialement, il a perdu 125 kg.

Le jeûne sec pousse l’organisme à produire sa propre eau

Revenons au jeûne sec. Le Dr Filonov, médecin russe qui dirige un centre thérapeutique par le jeûne sec, et auteur de littérature à ce sujet, affirme que le corps lors du jeûne sec génère sa propre eau, en dégradant les triglycérides (graisses) pour les transformer en eau. Surprenante en premier lieu, cette affirmation a été confirmée par des expériences sur certains animaux comme les oiseaux et les chameaux : quand l’animal n’a pas accès ni à la nourriture ni à l’eau, l’organisme maintient l’équilibre hydrique en dégradant la graisse des cellules.

Ces deux études soulignent cependant un élément important : la graisse plus que l’eau est choisie par l’organisme pour son efficacité pour maintenir l’hydratation de l’organisme. Dans l’étude de Singapour sur les chameaux, le Dr Candlish présente la relation chimique qui amène la graisse à être transformée en eau : C52H1040 6 + 7502—- à 52CO2 + 52H20

J’ai trouvé ces derniers jours, chez une Youtubeuse américaine, que j’écoute de temps en temps, des arguments allant dans ce sens. Se faisant appeler Daphnee Reloaded, c’est une jeune femme un peu énervée. Dix années vegan, elle est tombée très malade, au point où elle pensait immigrer en Irlande pour y mourir. A force de recherches, elle a remis en question son régime alimentaire. En mangeant son premier morceau de bacon depuis des années, elle s’est sentie ressusciter, tous ses symptômes disparaissant les uns après les autres.

Dans plusieurs de ses vidéos, elle fustige l’obligation de boire qui nous est recommandé depuis des décennies. En effet, elle rappelle que dans son ancienne vie de végétalienne, elle buvait plus de deux litres d’eau par jour, et avait toujours soif, la bouche sèche toujours et encore. Elle buvait au réveil, pendant la journée et le soir avant de se coucher ; un symptôme apparemment commun chez les vegans selon elle.

La graisse, meilleure pour hydrater ?

En se nourrissant à nouveau de viande et de graisse (je crois qu’elle ne mange plus de légumes), sa soif chronique s’est arrêtée. En recherchant la cause, elle en a conclu que l’eau est un piètre hydratant, contrairement à la graisse et que d’en boire souvent ne fait qu’en augmenter l’addiction. Elle présente en outre ces arguments avec lesquels je m’accorde :

  • Quand vous mouillez fréquemment vos lèvres, que se passe-t-il ? Elles deviennent plus sèches… L’hydratation ne dure que quelques minutes. Par opposition, un peu de graisse cosmétique ou de beurre sur les lèvres, et elles sont hydratées pendant plusieurs heures.
  • Quand vous passez plusieurs heures dans une piscine, votre peau est effectivement plus sèche. Que faites-vous alors ? Vous remettez de l’eau ? Non, vous appliquez de la graisse sur votre peau.
  • Quand vous avez les cheveux secs, que faites-vous  ? Mettez-vous de l’eau sur vos cheveux ? Non, vous faites un bain d’huile.
  • Si vous tentez de faire l’amour dans la mer ou une piscine, vous ne pouvez pas en raison de sécheresse des muqueuses. Il vous faudrait alors un lubrifiant, qui est de la graisse.
  • Les bosses des chameaux et des dromadaires, contrairement à la croyance populaire, ne sont pas composées d’eau, mais de… graisse.

Ces arguments, issus exclusivement de l’observation et de l’expérimentation vont dans le même sens que les études citées auparavant qui elles se concentraient sur l’hydratation cellulaire.

Un point supplémentaire en faveur du jeûne sec ! Il est nécessaire de bien s’alimenter  pendant plusieurs jours s’il le faut, avant d’entrer en jeûne sec, avec de bonnes graisses et de bonnes protéines et ne pas hésiter à faire une montée alimentaire et pas une descente comme il est souvent suggéré.

Vous pouvez accéder aux études citées (en anglais):

  • L’eau métabolique et la bosse du chameau ici.
  • Le catabolisme des graisses maintient l’équilibre hydrique des cellules pendant le jeûne sec chez les pinsons zébrés est à lire ici.

Pour aller plus loin dans les pouvoirs du jeûne, cliquer ici.

[1]Le jeûne n’est pas approprié pour certaines pathologies comme les maladies rénales. Un organisme dénutri ne doit pas jeûner et certainement pas en sec.

Ramadan : du jeûne religieux au jeûne thérapeutique

Crédit Darwisalwan/Pixabay

Le ramadan est le jeûne religieux annuel des musulmans. Se déroulant sur une période d’un mois, il s’agit de ne pas boire ni manger du lever au coucher du soleil. Ce jeûne est donc bien un jeûne sec intermittent.

Or, le jeûne intermittent est désormais reconnu par la médecine pour générer un regain de sensibilité à l’insuline qui amène alors à une perte de poids,  une inversion du cours du diabète de type 2, une réduction du stress oxydatif, une diminution des inflammations chroniques mais aussi préviendrait du cancer et des maladies neurodégénératives et prolongerait la durée de vie. En outre, le jeûne intermittent stimule la production d’hormone de croissance qui stimule la fabrication des muscles et l’élimination des graisses. Les discussions sur notre groupe le confirment.

Néanmoins, des études ont montré que nombre de musulmans observent une prise de poids après le ramadan et donc ne bénéficient pas des bénéfices apportés en général par le jeûne intermittent. Par exemple, une étude de 2011 a déterminé que près de 60% des répondants ont avoué avoir pris du poids pendant la période de jeûne.

Pourquoi ?

Il est nécessaire de comprendre comment le corps élimine la graisse stockée dans ses cellules. En effet, la perte de poids ne peut s’engranger que quand le corps a épuisé le sucre stocké dans le foie (glycogène) et donc dégrade les triglycérides (graisses) ce qui génère une perte de poids. Cette réserve hépatique, disponible pour le jeûneur, dure environ 24 heures (en supposant qu’aucune activité physique intense n’est entreprise par le jeûneur).

Ainsi, si vous jeûnez moins de 24 heures, vous avez en théorie toujours une quantité de sucre de réserve dans l’organisme. De ce fait, lors du ramadan, la réalimentation qui se déroule à moins de 24 heures remplit chaque soir, avec la réalimentation, le stock de sucre du foie. En outre, les aliments spécifiques au ramadan sont principalement des glucides (féculents, sucreries, gâteaux, fruits séchés, etc.) qui apportent du sucre de manière importante à l’organisme.

 

Crédit imombo/Pixabay

Par conséquent, la consommation trop importante de glucides amène à l’insuline de stocker ce sucre en excès dans les cellules sous forme de triglycérides, ce qui implique une prise de poids.

Comment bénéficier des avantages du jeûne intermittent avec le ramadan ?

Le secret est alors de se réalimenter en aliments faibles en glucides afin de ne pas augmenter la glycémie et donc de ne pas stimuler l’insuline. Pour cela, il faut choisir des aliments à index glycémiques bas comme les graisses (beurre, fromage, huiles, noix, etc.), les protéines de manière modérée. Les légumes verts, sources de glucides et de fibres, sont également à privilégier sans restriction aucune par le jeûneur afin de vous maintenir en cétose ou proche de cet état. En jeûnant ainsi plusieurs semaines, vous transformerez votre jeûne religieux en jeûne thérapeutique.

Pour aller plus loin dans les pouvoirs du jeûne, cliquer ici.

Le jeûne sec renoircirait bien les cheveux gris

Le Dr Serguei Filonov, spécialiste du jeûne sec, qui supervise cette thérapie dans son centre depuis plus de 20 ans, affirme que sa pratique régulière peut inverser le cours des cheveux gris en leur rendant leur couleur naturelle. Si cette affirmation peut sembler difficile à croire, on peut désormais l’expliquer par le fait que des cycles de jeûnes secs génèrent autophagie, génération de cellules souches et renouvellement cellulaire exceptionnel.

Ainsi, si le jeûne qui détruit les cellules malades par autophagie est suivi d’une phase de réalimentation nourrissante, c’est-à-dire suffisante en protéines et en bonnes graisses nécessaires pour reconstruire les cellules, il rendrait le corps plus jeune, plus fort, plus résilient et plus résistant.

De ce fait, je suis ravie de partager l’expérience d’une internaute, Nga Burger-Nguyen[1]‎,  qui affirme que sa pratique régulière du jeûne sec depuis 6 mois du jeûne sec de à raison de 36 à 60 heures par semaine, a inversé le cours de ses cheveux qui blanchissaient depuis 10 ans :

« J’avais les cheveux fins, les cheveux gris depuis 10 ans et j’avais également un problème important de pellicules.

La première photo est celle où j’ai subi une grande perte de cheveux après avoir commencé à jeûner pendant plusieurs mois.

La nouvelle photo date d’aujourd’hui, mes cheveux ont repoussé et ils sont  beaucoup plus sains maintenant, pas de pellicules ni de nouveaux cheveux gris dans la zone que je peux voir dans le miroir.

Le jeûne sec a en quelque sorte déraciné tous les cheveux défectueux et les a remplacés par de nouveaux cheveux brillants. J’adore !

J’ai fait environ 1000 heures de jeûne sec jusqu’à présent avec une pause ici et là, bien que je continue à jeûner à l’eau quotidiennement en intermittence. Je le fais chaque semaine 36-60 heures et un peu plus long chaque mois quand je peux l’adapter à mon emploi du temps ».

Fabuleux, non ?

Màj – Plusieurs membres ont immédiatement contesté l’authenticité des photos présentées,  affirmant qu’il s’agissait d’un simple Photoshop, sous-entendant une grande naïveté de ma part. Or, la principale intéressée, Mme Nga Burger-Nguyen, américaine, s’est inscrite sur ce groupe. Elle a de nouveau confirmé ses dires sur la disparition de ses cheveux gris. Elle nous a gentiment fourni une autre photo .

Nga Burger-Nguyen confirmation picture

Pour aller plus loin dans les pouvoirs du jeûne, cliquer ici.

[1] Je partage ses photos avec son aimable accord.

Challenge de 10 jours sans sucre

Crédit Pixabay

En raison de la difficulté des jeûneurs de maintenir une discipline alimentaire en sortie de jeûne, je propose une solution. En effet, beaucoup dès la rupture de jeûne retombent dans une frénésie de consommation de sucre. Et le sucre appelant le sucre, ils sont rapidement noyés dans cette boulimie dont ils n’arrivent pas à sortir. Tous leurs efforts de jeûne sont alors réduits à néant. En supprimant les sucres industriels, vous pouvez donner un arrêt à cette frénésie de sucre.

Le challenge se déroulera du 29 avril au 9 mai. Il se base sur ce qu’une amie appelle la méthode Homer Simpson.

Quelques recommandations :

  • Pas de sucreries, pas de viennoiseries, pas de soda, ni de soda avec édulcorants, pas de fruits séchés car trop chargés de sucre.
  • Si vous êtes en ramadan, je compatis mais évitez les gâteaux, les dattes, les abricots séchés. Si vous êtes en jeûne intermittent, idem.
  • Evitez les repas surgelés, souvent bourrés de sucres cachés
  • Sucres autorisés : miel ou sucre dans le café (une fois par jour), jus de légumes et les fruits entiers qui vous aideront si vous sentez que si vous ressentez des symptômes de manque.

Très vite, vous verrez que vous n’aurez pas faim entre les repas, et vous devriez commencer à perdre du poids. A la fin du challenge, vous devriez ressentir le goût horriblement sucré des aliments que vous consommez normalement. Vous serez alors tenté de réorienter vos choix alimentaires. N’hésitez pas à partager sur le groupe vos questionnements, vos réussites, vos échecs et vos solutions.

Vaincre son addiction au sucre : la méthode Homer Simpson

Le jeûne est une pratique qui, si réalisée prudemment, serait très efficace pour maigrir et pour aider à la guérison. De nombreuses études montrent que jeûner périodiquement fait baisser le cholestérol, l’insuline, la glycémie, permettrait d’inverser le diabète de type 2. D’autres études montrent que le jeûne périodique permettrait de lutter contre les maladies inflammatoires chroniques, renforcerait le système immunitaire même des personnes âgées et affaiblies, améliorerait la santé des organes comme le cœur, le cerveau et préviendrait les maladies neurogénératives comme la sclérose en plaques, Alzheimer ou Parkinson voire en inverserait le cours.

Mais, selon le psychiatre Youri Nikolaïev qui a fait jeûner des milliers de malades a avec succès, pour que le jeûne soit réellement efficace, il est nécessaire de bien se réalimenter. En effet, selon le médecin russe, on peut estimer le succès de la thérapie par le jeûne environ 7 jours après la réalimentation.

Cinquante ans plus tard, le Pr Valter Longo, a montré que suite à un jeûne de 5 à 7 jours, de nouvelles cellules souches qui régénèrent nos cellules et organes sont produites. Il est donc nécessaire de bien se réalimenter pour aider l’organisme à recréer les cellules et tissus qu’il a détruits lors de l’autophagie.

Or, selon ma propre expérience, comme celle de nombreux membres de mon groupe, la réalimentation est le moment le plus délicat. En effet, dès qu’on se réalimente, il peut être difficile de ne pas retomber dans ses excès alimentaires. Beaucoup sont alors attristés de constater que tous leurs efforts aient été réduits partiellement ou entièrement à néant en se réalimentant de manière boulimique.

Le retour d’expériences de jeûneurs montre qu’il est nécessaire de repousser au plus loin le moment de la reprise de consommation de glucides qui en stimulant la production d’insuline stimulera la faim. Mais, il semble que cette faim est peut-être aussi une pulsion, une épreuve psychologique, le cerveau nous jouant des tours en ramenant à notre mémoire des mets délicieux, mais trop sucrés.

Une amie qui cédait systématiquement à l’appel du sucre après ses valeureux jeûnes secs a trouvé la solution… dans un épisode de la série Les Simpson. Dans le 16e épisode de la saison 4 intitulé Ne lui jetez pas la première bière, Homer est obligé de se sevrer de son addiction à la bière Duff. Forcé par sa douce épouse Marge, il s’engage à ne pas boire de bière pendant 30 jours. Armé de son calendrier, il affronte quotidiennement les épreuves qui tentent de lui faire renier un serment. Mais chaque jour, il met une croix sur la date du jour.

Mon amie a appliqué la même méthode. Il est important de préciser qu’elle ne voulait pas supprimer le sucre de sa vie, elle voulait le supprimer pour le mois. Elle verrait ensuite. Ce qu’elle a fait. Les premiers jours étaient difficiles, mais au bout de deux semaines elle avait pris le pli. En outre, son entourage avait remarqué qu’elle avait perdu du poids.

À la fin des 30 jours, elle a sucé une de ses sucreries préférées. Il s’est alors passé quelque chose qu’elle n’attendait pas. Le goût sucré du bonbon a généré un haut le cœur qu’elle a dû le cracher. Une gorgée de soda a fait la même chose. Elle n’avait jamais pris conscience à quel point ces aliments étaient gorgés en sucre. Elle n’en a pas repris depuis. Elle s’autorise tout de même du chocolat noir et des brownies peu sucrés qu’elle fait elle-même. Depuis, elle n’a plus de problème à la rupture de jeûne.

Je récapitule sa méthode :

  • Identifiez les produits sucrés que vous consommez régulièrement : bonbons, biscuits, gâteaux, sodas, chewing-gums, produits identifiés sans sucre (aspartame, etc.). Vous n’inclurez pas les féculents, il ne s’agit pas de faire une diète cétogène.
  • Prenez un calendrier mural où vous compterez 30 jours à partir du premier jour.
  • Ayez des stratégies pour résister aux tentations qui surviendront dans les premiers jours : manger des fruits frais (et pas des fruits secs), faire quinze minutes d’activité physique, écouter de la musique…
  • Imposez-vous cette discipline pendant 30 jours. Si vous craquez, reprenez pour 30 jours.
  • A la fin du challenge, reprenez un aliment sucré que vous aimez. S’il vous écœure, c’est avez réussi votre sevrage. C’est le bon moment pour jeûner, il y a peu de chance que vous retombiez dans des boulimies de sucre.

Pour discuter des pouvoirs thérapeutiques du jeûne sur Facebook, aller ici.

Pour aller plus loin dans les capacités du jeûne, vous pouvez vous rendre ici.

Comment vaincre vos allergies naturellement

Avez-vous des allergies? Êtes-vous sensible aux poils d’animaux, au pollen, aux arachides, au rhume des foins ou à d’autres aliments ou produits chimiques?

Si tel est le cas, vous partagez le quotidien de plus de 20 millions de Français, soit 30 % de la population. En 1970, ils n’étaient que 4 %. Selon l’OMS, en 2050 la moitié de la population occidentale sera atteinte.

La raison de cette épidémie est souvent imputée à la présence excessive de polluants et de produits chimiques dans les sociétés modernes. Pour pallier ce problème qui ne cesse de s’aggraver, la médecine conventionnelle tente, pour les personnes atteintes, de limiter leur exposition aux allergènes ou leur propose des antihistaminiques.

Néanmoins, une explication alternative est de plus en plus acceptée. Résumée sous le terme théorie hygiénique, elle considère que les allergies sont le résultat de système immunitaires fragilisés car non stimulés. Pour que cette explication soit plus compréhensible au lecteur, faisons un bref retour dans l’histoire.

Dans son ouvrage When Things Bite Back, l’écrivain américain Edward Tenner rappelle que dans son pays le rhume des foins et autres allergies se sont étendues à partir du XIXe siècle. Il note également que ces allergies étaient essentiellement présentes dans les milieux bourgeois, tandis qu’elles étaient considérablement moindre chez les enfants des familles ouvrières qui grandissaient au milieu des brouillards industriels.

Les épidémiologistes ont supposé que les familles nombreuses, les jeux en plein air et les infections précoces auraient pu aider à conditionner le système immunitaire des enfants avant qu’il ne rencontre une substance courante comme le pollen dans leur environnement.

Concernant l’explosion du rhume des foins, l’historien et allergologue M.B Emanuel considère que l’éradication des infestations parasitaires de la grande majorité de la population peut avoir entraîné un changement de statut immunologique et une susceptibilité accrue à l’allergie. En effet, l’immunoglobine IgE, anticorps associé aux maladies atopiques, notamment les rhinites allergiques, l’asthme et les dermatites atopiques est impliquée dans les mécanismes de défense immunitaire face aux infections parasitaires. L’homme a évolué avec ses parasites et en les éradiquant en payerait le prix par l’émergence des allergies.

De même, le Pr Jean-François Bach voit également un lien entre la baisse des maladies infectieuses et l’émergence des allergies et des maladies auto-immunes :

« L’hypothèse que nous défendons est que c’est la baisse des infections que nous observons dans les pays modernes qui est à l’origine de l’augmentation de la fréquence de ces maladies [allergies et maladies auto-immunes]. La baisse des infections est connue : c’est la baisse des grandes maladies infectieuses, mais c’est aussi l’amélioration de la qualité de l’eau, des aliments. Maintenant nous buvons et nous mangeons ‘propre’, ce qui n’était pas vraiment le cas autrefois. La raison pour laquelle la baisse des infections augmente les maladies auto-immunes et allergiques est qu’il y a une sorte de compétition entre les réponses immunitaires dans les infections et les réponses immunitaires à l’origine des maladies allergiques et auto-immunes. Quand les unes baissent, les autres remontent. »

Une théorie confirmée par l’expérience de Carélie, région que partagent la Finlande, l’Estonie et la Russie. Une comparaison des microbiotes d’enfants de ces trois pays, génétiquement semblables a montré de grosses différences qui expliqueraient que la Finlande présente un taux d’incidences d’allergies et de maladies auto-immunes jusqu’à six fois supérieur à celle de la petite république de Russie. Pour ce qui est de l’Estonie, les résultats étaient proches de ceux des enfants russes, il y a encore deux décennies. Or depuis son industrialisation récente et l’amélioration du niveau de vie (en raison de son entrée dans l’UE), les taux des enfants estoniens se rapprochent de ceux des Finlandais.

Ainsi, comment vaincre naturellement ses allergies ?

En renforçant votre système immunitaire pour qu’il puisse enfin assurer son rôle de défense. L’une des idées avancées est celle de l’hormèse. Principe biologique qui voit le renforcement de l’organisme en réponse à un stress modéré, l’hormèse pourrait amener à une amélioration de ces maladies. Les facteurs hormétiques sont principalement le jeûne, l’activité physique intense et sportive, l’exposition au froid à la chaleur, les challenges cognitifs, l’exposition modérée à des toxines, le stoïcisme philosophique, etc.

Ainsi des pistes pour renforcer son système immunitaire :

  • Jeûner quelques jours consécutifs régulièrement
  • Augmenter progressivement la sévérité du jeûne en jeûnant à sec
  • S’exposer au froid de manière progressive en allant à l’extérieur peu protégé ou prenant des douches froides
  • Marcher pieds-nus dans l’herbe, dans la boue, sur la terre, etc.
  • Marcher dans la forêt
  • Aller à la campagne régulièrement
  • Entrer en contact physique avec des animaux domestique ou de ferme
  • Boire de la véritable eau de source (de manière progressive ?)
  • Faire des bains de soleil
  • Affronter le monde, etc.
  • Visionner les vidéos de Thierry Casasnovas sur l’hormèse

Connaissez-vous d’autres moyens hormétiques qui permettraient de renforcer votre organisme ?

Pour traiter du jeûne, posez votre question sur ce blog et sur le groupe.

Hémorroïdes : des guérisons par le jeûne sec et la diète du serpent ?

Cole Robinson est un personnage peu commun. Entraîneur sportif à Calgary, il expérimente sur lui-même depuis quelques années régimes et diètes.

Ainsi, il s’est intéressé au jeûne sec il y a quelques années qu’il conseille depuis à ses clients pour maigrir. Les résultats sont spectaculaires : la perte de poids est rapide et semble sans accident. En outre, Robinson a observé tout comme les personnes qui le suivent, des effets thérapeutiques typiques du jeûne, et principalement du jeûne sec. Suivi par des dizaines de milliers d’internautes, sa chaîne Youtube contient des dizaines de vidéos consacrée à ce régime de serpent. Son compte Facebook semble confirmer ses propres conclusions.

Cependant, ayant remarqué l’épuisement qui survient dans un état de jeûne sec de plus de 48 heures, il a mis en place sa propre méthode de jeûne « sec » qu’il appelle la snake diet (« diète de serpent »). Le but est d’apporter des électrolytes à l’organisme par une boisson salée de potassium et sodium. Ainsi, il peut jeûner « à sec »

Ainsi, dans une de ses vidéos, il explique comment il se serait guéri d’hémorroïdes qui empoisonnaient sa vie depuis l’automne 2014. Il avoue avoir essayé « toutes les diètes de la terre » en passant d’un régime de fruits à des monodiètes spécifiques. Egalement, il s’est plongé le postérieur dans des bains de sels, sans succès. Un an plus tard, son cas s’est aggravé au point où il ne pouvait même plus utiliser de papier hygiénique.

Il voit enfin un médecin qui lui donne des crèmes qui n’ont pas fait grand-chose. Traitements après traitements, rien n’a vraiment d’effet. Il retourne alors à son alimentation initiale, majoritairement carnivore. Il lui semblait qu’il avait moins mal, mais la boule était toujours présente. Il s’impose alors la diète de serpent le 29 avril 2016, qu’il avait mis en place pour ses clients. Un mois plus tard, le 30 mai, date où il met la vidéo en ligne en ligne, il se rend compte que l’hémorroïde n’existe plus.

Dans une autre vidéo, il relate comment une cliente a réglé ses propres problèmes d’hémorroides par 4 jours de jeûne sec. D’autres témoignages sur sa chaîne ou son groupe Facebook confirmeraient l’efficacité du jeûne sec sur cette pathologie. Cole Robinson explique ces guérisons par les phénomènes d’autophagie et la génération de l’hormone de croissance.

Le jeûne hydrique semblerait donner des résultats plus mitigés. Le processus est très long, souvent plusieurs semaines, et les résultats sont très partiels comme l’a indiqué un membre de mon groupe de jeûne. Ainsi, des jeûnes secs de trois jours en alternance avec une réalimentation sembleraient plus appropriés.

Je rappelle qu’il est important de bien se renseigner sur le jeûne sec avant de l’expérimenter.

 

Pourquoi vous n’arrivez pas à maigrir : la faute aux sucres ?

William Banting, né en 1798, est un croque-mort anglais. Trentenaire, il se rend compte qu’il prend du poids. Les décennies se poursuivant, son poids continue à augmenter. Alors qu’il est âgé de 62 ans, il pèse 90 kilos. Si ce poids est courant de nos jours,  au XIXe siècle, c’était totalement anormal.

Recherchant conseil auprès de médecins, il suit leurs recommandations. Tout d’abord, il s’efforce de moins manger. Mais, il a constamment faim et se sent fatigué. Sa perte de poids est minime.

Ensuite, il se soumet à une discipline physique de fer en faisant régulièrement de l’aviron sur la Tamise de Londres. Il retrouve une meilleure santé et une plus grande vigueur, mais ne perd toujours pas de poids.

Puis, il rencontre un chirurgien français qui lui propose une diète révolutionnaire : ne pas limiter ses calories, mais de supprimer tous les hydrates de carbone : le lait, le pain, la bière, les sucreries, les pommes de terre, etc.

Rapidement et facilement, il perd du poids. Celle-ci se maintenant au fil des années, il publie un livre pour faire partager au public ses découvertes sous le titre : Letter on Corpulence Addressed to the Public. Ce dernier est désormais considéré comme le premier ouvrage de régime. Pendant les 100 prochaines années, les médecins s’accorderont avec les découvertes de William Banting : la prise de poids est causée par la consommation de sucres raffinés.

En 1882, le médecin canadien William Osler, spécialiste de l’obésité, dira même en outre que pour ne pas prendre de poids, il est nécessaire d’absorber des graisses en quantité suffisantes, car elles permettent à l’organisme d’arriver à une sensation de satiété.

En 1963, le Dr Passmore confirme dans la revue britannique British Journal of Nutrition ce que l’opinion publique sait déjà, de manière empirique : « Chaque femme sait que les sucres font grossir ». Mais, à l’époque, nos sociétés ne souffraient pas d’obésité.

Les choses changèrent dans les années cinquante, quand le très influent, Dr Ancel Keys, proche du président américain Eisenhower avança une théorie sur la raison de l’épidémie de crises cardiaques qui semblait décimer les Etats-Unis. Se basant sur les résultats de son études des sept pays, qui est désormais reconnue comme biaisée et malhonnête, il avance que la consommation de graisses était la raison des accidents cardiaques. Ainsi, par la suppression des graisses, on augmente la consommation des sucres.

Dans le même temps, des scientifiques s’érigent contre les conclusions du Dr Keys. Ainsi, le chercheur britannique en nutrition et en physiologie John Yudkin, montre dans son livre Pure, White and Deadly – How Sugar is Killing Us[1], que le sucre est la source de nombreux problèmes de santé.

En raison d’intérêts financiers colossaux, la bataille a fit rage dans les rangs des scientifiques. John Yudkin a finit par être mis au placard, sa carrière brisée. Mais cinquante ans plus tard, l’explosion des chiffres de l’obésité, des accidents vasculaires cérébraux et des crises cardiaques montre que le dogme anti-gras ne fait plus recette. La diète cétogène et les diverses options de jeûne font de plus en plus d’adeptes. La redécouverte de l’insuline dans sa propriété de stockage du sucre sous forme de graisses va changer la donne ; un phénomène que révèlera le journaliste plusieurs fois primé du New York Times Gary Taubes. La suite de ce sujet traitera de l’insuline et comment elle fait grossir.

[1] Pur, blanc et mortel. Comment le sucre nous tue.

Groupe de discussion Facebook sur le jeûne thérapeutique

Jeûne sec : le corps produirait ses propres réserves en eau

Herbert2512/Pixabay

Une étude de 2016 réalisée sur des oiseaux mandarins montre comment l’organisme se maintiendrait malgré l’absence d’apport d’eau lors d’un jeûne sec.

Je traduis l’extrait et la conclusion de l’étude que vous trouverez ici en intégralité.

De Joanna Rutkowska*, Edyta T. Sadowska, Mariusz Cichońand Ulf Bauchinger

Les schémas de flexibilité physiologique en réponse au jeûne sont bien établis, mais on en sait beaucoup moins sur la contribution de la privation d’eau aux effets observés.

Nous avons étudié la composition corporelle et les bilans énergétique et hydrique de trois groupes de mandarins : les oiseaux ayant accès à de la nourriture et à de l’eau, les oiseaux privés de nourriture, mais ayant néanmoins accès à de l’eau potable et des oiseaux privés de nourriture et d’eau. Les animaux n’étaient pas stimulés par une dépense énergétique élevée et se trouvaient dans des conditions thermo-neutres.

Ainsi, d’après des études antérieures, l’équilibre hydrique des oiseaux à jeun devait être maintenu par un catabolisme accru des protéines. Contrairement à cette attente, nous avons constaté que l’accès à l’eau n’empêchait pas la réduction du tissu protéinique, mais permettait de préserver les réserves de graisse des oiseaux à jeun.

Ainsi, le bilan hydrique des oiseaux à jeun sans accès à l’eau semblait être maintenu par un catabolisme adipeux élevé, qui générait 6 fois plus d’eau métabolique que celui des oiseaux ayant accès à l’eau.

Par conséquent, nous révisons les points de vue actuellement établis et proposons que les matières grasses soient la principale source de production d’eau métabolique. Auparavant, on supposait une augmentation de la dégradation des protéines pour le maintien du bilan hydrique si les réserves de graisse étaient épuisées ou si le catabolisme de la graisse atteignait sa limite supérieure en raison d’une forte demande en énergie.

Conclusion de l’étude :

Notre étude propose une nouvelle hypothèse de graisse pour l’eau en démontrant clairement que le manque d’eau ingérable augmente considérablement le catabolisme de la graisse. La graisse est la principale source d’énergie et sa décomposition produit également de l’eau métabolique. On supposait auparavant que les animaux au repos utilisaient un catabolisme des protéines (au lieu des graisses) pour maintenir l’équilibre hydrique. Nous montrons ici que la graisse est une source primaire de production d’eau métabolique dans le cadre des besoins énergétiques de base du jeûne, en l’absence de conditions physiologiques nécessitant une dépense énergétique élevée. Nous suggérons que le maintien du bilan hydrique par une augmentation de la décomposition des protéines pourrait éventuellement se produire si les réserves de graisse sont épuisées ou si le catabolisme de la graisse est déjà élevé au maximum en raison d’importants besoins en énergie ou si le taux de perte en eau dépasse le taux potentiel de la production d’eau à partir de graisses. Les études ultérieures devraient examiner si le mécanisme à la base de notre constatation est lié à une activité accrue des oiseaux privés de nourriture et d’eau.

Cette étude prouve comme d’autres déjà réalisées sur des camélidés que l’organisme en état de jeûne sec ne tombe pas en déshydratation critique comme la croyance populaire semble le penser. Au contraire, avec la cétose, la graisse est dégradée pour pourvoir l’organisme en énergie, mais également en eau. Une affirmation déjà avancée par le docteur russe Serguei Filonov.

Cette étude montre même que l’eau produite par les oiseaux soumis à un jeûne sec produisent six fois plus d’eau que les volatiles qui ont accès à l’eau. Notons que les oiseaux étaient tous dans une atmosphère tempérée où il n’ont pas eu à dépenser leur energie de manière excessive. Dans le cas contraire, les chercheurs supposent que si les réserves de graisses venaient à être totalement épuisées, une dégradation des protéines (muscles) serait inélectuctable.

43 jours de jeûne… et ça continue

Hier, un membre de mon groupe de jeûne sur Facebook a rapporté qu’il était entré en jeûne il y a 43 jours. Il a jeûné en sec/combiné les huit premiers jours et en jeûne hydrique depuis 30 jours. Il a ainsi perdu 18 kilos et désire en perdre 27 de plus. Plusieurs membres du groupe se sont demandés s’il était possible de jeûner aussi longtemps.

La réponse est clairement oui, si on se réfère aux travaux du Dr George Cahill (1927-2012), un chercheur spécialiste mondial du diabète et du jeûne, qui a étudié des dizaines d’individus soumis à des jeûnes prolongés. Ainsi, le Dr Cahill assure qu’un homme de poids normal, c’est-à-dire de 70 kg, peut se passer de nourriture pendant au moins 40 jours. Dans une étude sur les corps cétoniques, carburant qui remplace le glucose lors de la privation de nourriture, le chercheur explique :

« Le D-beta-hydroxybutyrate, principal organisme « cétone » chez l’homme en état de famine, remplace le glucose en tant que carburant prédominant pour le cerveau, réduisant ainsi le besoin de synthèse du glucose dans le foie (et les reins) et épargnant en conséquence ses précurseurs, les acides aminés dérivés du muscle. Donc, un homme de poids normal de 70 kg peut survivre 2 à 3 mois sans manger au lieu de plusieurs semaines, et un homme obèse de plusieurs mois à plus d’un an. Sans cette adaptation métabolique, l’homo sapiens n’aurait pas pu développer un cerveau d’une telle taille. »

Dans un autre article qui fait autorité, le Dr Cahill rappelle que la graisse (triglycérides) est le moyen optimal pour stocker de l’énergie (9,31 kcal/g), largement plus efficace que le glycogène. Il rappelle également le célèbre jeûne de 30 jours réalisé sous la supervision médicale du Dr Benedict de M. Levanzin, un maltais, en 1911.

En outre, je décris explicitement dans mon livre Le pouvoir du jeûne plusieurs jeûnes très longs. Celui d’un médecin newyorkais amaigri, en stade terminal de rectocolite hémorragique qui a jeûné pendant plus de 40 jours, et deux femmes russes obèses qui se sont abstenu de nourriture pendant 60 jours. Ces trois jeûnes ont été couronnés de succès.

Je dois ajouter que les jeûnes pour perdre du poids dans le cas de personnes obèses étaient courant dans les années 60 et 70. Le cas le plus célèbre est probablement celui d’Angus Barbieri en 1965 qui a jeûné 382 jours et perdu plus de 100 kg. Ses médecins ont décrit le jeûne avec précision.

Il est alors nécessaire de comprendre que la graisse sert littéralement de congélateur conservant les réserves en nourriture lorsque la nourriture vient à manquer. C’est un phénomène biologique hérité de notre évolution. L’homme comme l’animal sont faits pour jeûner.